The Passenger

The Passenger
2018
Jaume Collet-Serra

Fatigué des films d’action et ayant franchit la barre des 60 ans, Liam Neeson avait déclaré vouloir prendre ses distances avec le genre après Taken 3, mais c’était sans compter sur le réalisateur Jaume Collet-Serra, qu’il retrouve pour la quatrième fois. Après le vol d’identité et le huis clos en avion, leur troisième collaboration fut une douche froide, dénuée de concept et proposant un polar classique et ultra décousu qui se prit une claque au box-office. Cette fois on revient à un pitch plus marqué, à défaut d’être original puisqu’on a déjà deux films d’action en train : L’attaque du métro 123 et Unstoppable.

Chaque nouvelle génération qui arrive est encore plus cupide, opportuniste et dénuée de morale. Après une carrière comme policier, Michael (Liam Neeson) s’était reconverti dans les assurances, prenant depuis dix ans le même train pour se rendre à son travail. Ayant déjà un crédit sur sa maison et sur sa voiture, il passait déjà un moment difficile avec l’entrée en université de son fils, et le changement de direction, avec à la tête un jeune con constatant simplement qu’un employé âgé est plus cher et moins efficace, ne pouvait pas tomber plus mal. Quand une étrange dame (Vera Farmiga) va lui proposer cent mille dollars en échange d’un petit service, la tentation sera grande, loin de se douter dans quoi il allait s’embarquer sans même le vouloir.

Enquête en huis clos dans un train avec de grosses séquences d’action, voici cette combinaison gagnante à mi chemin entre Le Crime de l’Orient-Express et Non-Stop, même si le scénario ne sera pas aussi retord, de même que l’action sera un peu moins extrême, bien que largement efficace. Dès le début le film rassure sur sa qualité, tant au niveau de l’écriture que du jeu des acteurs, puisqu’en moins de dix minutes le film arrive à dresser un portrait plus large et plus probant des principaux problèmes du modèle américain que dans l’entièreté du film Lady Bird, pourtant entièrement centré dessus. On découvre alors un casting assez dingue, comprenant Sam Neill, Elizabeth McGovern, Jonathan Banks ou encore Patrick Wilson. Mieux encore, le film a l’intelligence de n’en placer aucun dans le train, à part brièvement un habitué, évitant le syndrome Mentalist, série où le coupable (ou personne à trouver en l’occurrence) de l’épisode était systématiquement le seul acteur vaguement connu. Un concept pas forcément si original, mais au moins le film le traite efficacement, ça reste globalement cohérent, et pas une fois on ne décrochera entre le rythme effréné et le suspense haletant. Une bonne cuvée du genre qui fait plaisir.

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