Radin !

Radin !
2016
Fred Cavayé

Les salaires stagnent, le coût de la vie augmente, le pouvoir d’achat s’effondre. Comment lutter contre la fatalité ? Simple, il suffit de se serrer la ceinture pour faire des économies. Seulement voilà, dès que l’on veut faire des économies, qu’on souhaite avoir un capital solide pour avoir la conscience tranquille, on a vite fait d’être qualifié de pingre, de radin. Que se passerait-il si on avait effectivement un économe compulsif poussé à l’extrême ?

Comédie qui s’est gavée durant les dernières vacances de la Toussaint avec pratiquement trois millions d’entrées, le film met en avant François Gautier (Dany Boon), avare parmi les avares. Vivant dans l’ancienne maison de sa mère, il fait attention à tout, que ce soit l’eau, l’électricité, l’alimentaire et même les déplacements. Pour aller au travail, il s’y rend soit à pied soit en stop, et pour les courses les promotions et coupons de réduction sont ses meilleurs amis. Son seul but dans la vie est d’économiser le plus d’argent possible, mais un obstacle de taille va se mettre sur sa route : Laura (Noémie Schmidt), sa fille.

Qu’on soit riche ou pauvre, pour ainsi dire personne ne s’inquiète pas de la santé financière de son foyer. De là à sombrer dans un tel extrémisme, tout de même pas, mais difficile de rester pleinement serein sans avoir réellement de quoi voir venir, donc même si le portrait dressé est très caricatural, on peut se sentir concerné jusqu’à un certain niveau. Et quand ça touche, c’est drôle. Le film va loin dans son délire, les situations marchent et les acteurs, notamment Dany Boon, sont suffisamment crédibles pour nous embarquer. On notera pas mal de passages marquants, le coup du resto et du concert express en tête, assurant du divertissement efficace et dynamique. Le principe du film n’est pas très neuf et le scénario est particulièrement basique, mais pour peu qu’on ne soit pas trop exigeant on passe un bon moment.

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Jack Reacher : Never Go Back

Jack Reacher : Never Go Back
2016
Edward Zwick

Sorti un peu de nulle part et loin de se reposer sur la saga littéraire la plus populaire qui soit, le premier Jack Reacher avait été une très bonne surprise, nous proposant un film d’action efficace doublé d’un thriller intéressant, mettant en avant un homme providentiel à la classe infinie, le genre de dieu vivant qui revient sur le devant de la scène alors qu’on croyait la légende devenue un mythe comme on a pu en voir dans Taken ou John Wick, deux autres excellents films du genre dont le second a apparemment réussi le tour de force de proposer une suite encore plus aboutie (vivement sa sortie française pour vérifier ces dires). Cette fois, il semblerait qu’on se rapproche plus d’un Taken 2, reprenant son personnage charismatique pour une histoire et un dynamisme bien en deçà du premier.

Il n’y a pas que Meetic, Tinder et autres réseaux de rencontres pour trouver quelqu’un, il suffit parfois de simplement se tenir au courant de qui a reprit son ancien boulot. Ex major de l’armée, Jack Reacher (Tom Cruise) entretenait jusqu’alors une correspondance écrite avec la nouvelle major Susan Turner (Cobie Smulders), mais le jour de leur rencontre en chair et en os cette dernière fut embarquée pour haute trahison. Incrédule, Jack va alors enquêter sur ce qu’il soupçonne d’être un coup monté.

Le film démarre effectivement très mal : on nous réintroduit un personnage qui n’en avait pas besoin au travers d’une séquence plus grotesque que classe, puis on enchaîne sur une romance téléphonée pas bien passionnante avec une histoire de conspiration comme on a pu en voir des centaines. Pire, le héros passe d’énigmatique à arrogant avec un acteur qui se donne un rôle flatteur en se rajeunissant (il est décrit comme dans la quarantaine, et non la vraie décennie suivante qui le caractérise) et en s’offrant un flirt avec une femme de vingt ans sa cadette, une habitude lassante d’autant que les deux acteurs cabotinent pas mal. Le côté fantôme introuvable du personnage est passé à la trappe, l’enquête est poussive, les antagonistes caricaturaux, l’histoire médiocre et le dénouement ridicule. Tout cela est vrai, mais le film vaut largement le détour pour une raison : Danika Yarosh. L’un des principaux enjeux du film sera Samantha, la fille supposée de Jack Reacher, incarnée avec talent par ladite actrice tout juste majeure. Véritable bouffée d’air frais au sein du film, elle est de loin le personnage le plus attachant et intéressant, loin d’être un simple side-kick là pour faire rire. Ses interventions sont intelligentes, ses répliques drôles et émouvantes, l’actrice est formidable et sa beauté ahurissante. Le coup de foudre est immédiat et impossible de détourner le regard. Donc oui, le film semble avoir été fait pour de mauvaises raisons (faire du fric et gonfler l’ego de son acteur) et son écriture est globalement mauvaise, mais tout n’est pas à jeter et le film reste un divertissement honnête avec suffisamment de scènes d’action pour se laisser regarder entre deux interventions miraculeuses de la jeune recrue.

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Alibi.com


Alibi.com
2017
Philippe Lacheau

Séparé de son coréalisateur des Babysitting, son acteur et scénariste a néanmoins regroupé sa bande de potes pour une nouvelle comédie complètement barrée dans l’esprit de ses deux précédentes. Fort de son succès avec plus de cinq millions d’entrées en deux films, il délaisse ici le found-footage pour du cinéma plus traditionnel mais avec encore une fois un concept fort à la base, emportant semble t-il une fois de plus l’adhésion du public puisque sa popularité ne désemplie pas d’après les premiers chiffres. Un engouement logique tant la formule marche.

Vous êtes dans le pétrin ? Besoin de vous trouvez une excuse pour vous dérober auprès de vos proches ? N’essayez pas n’importe quoi, faites confiance aux expert. Chez Alibi.com, Grégory Van Huffel (Philippe Lacheau) et ses acolytes peuvent vous sortir de n’importe quelle situation. Un commerce prospère, mais difficile d’avouer à sa copine (Élodie Fontan) qu’on est un imposteur professionnel quand elle est elle-même juriste avec un sens aiguë de la justice et de la vérité. Une situation jusqu’alors viable, mais quand il va rencontrer ses beaux parents (Didier Bourdon et Nathalie Baye) un problème de taille va se poser : son beau-père l’a engagé pour lui fournir un alibi pour un weekend avec sa maîtresse.

Après une succession de caméos sympathiques pour illustrer ce en quoi consiste le fait de fournir des alibis à autrui, le film nous montre donc la situation délicate d’un héros obligé de mentir à son aimée et de couvrir un beau-père infidèle. Le procédé est d’ailleurs excellent puisque Alibi.com fourni une carte bleue pour que le client effectue ses dépenses sans tracement tandis qu’un complice utilise la carte bleue du client sur les lieux de l’alibi pour se couvrir jusque dans les moindres recoins. La société devient d’emblée crédible et plus on y croit plus les moments drôles gagnent en impact, et comme en plus les acteurs ne sont pas mauvais. On reste dans une romance assez basique et niveau histoire les enjeux et personnages sont classiques, mais le film compense ses lacunes par un humour très bien écrit, frais et efficace, bernant nos esprits de cinéphiles en déjouant toute forme de prévisibilité en alternant aléatoirement entre gag téléphoné et contre-pied total. Une comédie bien déjantée qui prend un récit classique pour le bousculer à grand coup d’idées neuves, se permettant même des petits kifs gratuits à l’image du clin d’œil à Star Wars, regorgeant de trouvailles. On passe donc un bon moment, pas révolutionnaire mais bien dans l’air du temps et très efficace.

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A Cure for Life

A Cure for Life
2017
Gore Verbinski

Projet qui est resté assez longtemps confidentiel et dont la campagne publicitaire fut d’ailleurs très timide, le film a pourtant de quoi attiser la curiosité des cinéphiles, même les moins aguerris. Entre un réalisateur à qui l’on doit d’excellents divertissements – hormis son étron animé – un jeune acteur prodigieux qu’on ne présente plus en tête d’affiche et une bande-annonce énigmatique et angoissante laissant entrevoir un film de la trempe de Shutter Island, la hype était juste monstrueuse. Des attentes difficilement tenables, et pourtant le film y arrive presque.

Voulant faire fi des tracas de la vie quotidienne, un patron d’une grosse société s’était retiré dans un centre thermal, mais en son absence la boîte est entrain de couler et seule une fusion pourrait les sauver, mais impossible de le faire sans sa présence. Jeune employé ambitieux, Lockhart (Dane DeHaan) va être chargé d’aller le récupérer sur place, ce qu’il pensait n’être qu’une simple formalité, mais les choses ne vont pas se passer comme prévu. Victime d’un accident de voiture et la jambe dans le plâtre, il va être contraint de rester sur place, un lieu loin d’être uniquement ce qu’il prétend être.

Avant même que le film ne commence, il avait déjà engrangé pas mal de points : jouer la carte du mystère avec comme cadre un vieux château inquiétant perdu au milieu de la campagne Suisse, c’est déjà en soi d’excellents prémices. Une fois dedans, les réjouissances continuent entre la patte visuelle du réalisateur toujours aussi esthétisante, un Jason Isaacs glaçant en directeur du centre médical, une Mia Goth méconnue et qui fascine dans son rôle mystérieux et quasi fantomatique pendant la première moitié (seulement deux petites apparitions) et un style mi thriller mi horreur très réussi. Certains plans sont très forts, le suspens marche bien, l’histoire est assez solide et l’ambiguïté installée dès le début est très bien gérée. En nous laissant en toile de fond l’aliénation au travail et la noblesse d’un retour aux choses simples de la vie, le film justifie pleinement l’existence du centre et le bien-être de ses pensionnaires, nous faisant régulièrement remettre en question les doutes du héros, lui même atteint par le vice du travailleur qui oublie de vivre. Le film n’en est pas pour autant parfait, souffrant par moment de quelques problèmes de rythme (ce qui est le cas de pratiquement tous les films dépassant de beaucoup les deux heures, en l’occurrence 2h27) mais son plus gros problème reste la gestion du danger. Quand on est intimement convaincu que sa vie est menacée et que des solutions s’offrent à nous, ne pas se précipiter dessus est rageant et le héros tombe dans des pièges aussi vieux que le cinéma, le plaçant au même niveau d’intelligence que les personnages de films d’horreur de série B, laissant éclater quelques faiblesses d’écriture. Dommage car le film avait le potentiel pour s’imposer comme une référence du genre, mais au lieu de ça on devra se contenter d’une bonne cuvée joliment emballée.

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Le Chemin de l’immortel

Depuis 2006 et ma découverte de RPG Maker XP, il m’est arrivé à plusieurs reprises de consacrer un temps conséquent à la création de jeux-vidéos. Le premier était d’ailleurs arrivé à un point très avancé (près de 25h jouables), mais suite à une perte de données rendant l’intégralité des maps du jeu buguées le fruit de six ans de travail fut réduit à néant. Néanmoins, avec l’arrivée de RPG Maker VX mon désir de création reprit de plus belle, mais faute de temps deux projets tombèrent à l’eau.

C’est alors qu’en 2015 je découvris la version VX Ace du logiciel, sortie trois ans plus tôt, me redonnant une fois de plus l’envie de replonger dans une création vidéo-ludique accessible, permettant aux codeurs de seconde main de se concentrer sur l’histoire et la mise en scène. Ainsi est né « Le Chemin de l’immortel », principalement développé entre avril et juin 2015, avant encore une fois un abandon faute de temps.

Et puis un jour on est curieux, on fait le tour de ses créations passées et on se demande laquelle mériterait qu’on s’y attarde une fois de plus. C’est finalement le dernier projet en date qui apparu à mes yeux comme le plus prometteur, me fixant pour objectif de porter le développement jusqu’à la fin d’une introduction complète. Nous y voilà aujourd’hui, et au lieu de me le garder jalousement j’ai décidé de soumettre l’avenir du projet au public.

Vous pouvez ainsi découvrir l’introduction du jeu dès à présent :
https://www.youtube.com/watch?v=AU4vxdhyKr8

N’hésitez pas à me faire part de votre avis dans les commentaires, et si vous jugez le projet intéressant partagez la vidéo au plus de gens possibles.

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Et si on vivait tous ensemble ?

Et si on vivait tous ensemble ?
2012
Stéphane Robelin

La vieillesse devient de plus en plus un problème dans notre société. Non pas que des records de longévités soient battus, l’espérance de vie augmente mais pas l’âge maximal atteignable, ce sont surtout les pertes en chemin qui s’amenuisent. De ce fait, notamment grâce aux progrès de la médecine, le nombre de personnes âgées explose et il devient difficile de trouver les fonds pour leurs retraites mais aussi de s’en occuper physiquement. Que faire quand l’autonomie n’est plus et que certaines contraintes médicales s’y adjoignent ? Et si au lieu d’une maison de retraite ils se géraient entre amis ?

Amis depuis un demi-siècle, Albert (Pierre Richard), Jeanne (Jane Fonda), Jean (Guy Bedos), Annie (Geraldine Chaplin) et Claude (Claude Rich) commencent à sentir le poids des années. Jeanne est condamnée, son mari Albert souffre d’Alzheimer tandis que Claude dépéri depuis qu’il est veuf. Voyant la détresse de leurs meilleurs amis et se sentant eux aussi assez seuls avec les enfants et petits-enfants loin, Jean et Annie vont alors leur proposer un coloc entre vieux, chacun prenant soin des autres, épaulés par le jeune Dirk (Daniel Brühl).

Passé la longue présentation des personnages et de leurs problèmes respectifs, le film en vient à ce qui semblait être son sujet principal, à savoir l’idée d’un bande de vieux copains vivant ensemble, partageant joies et peines, mais en réalité le film s’inscrit plus comme une dénonciation d’un modèle de pensées infondé sur une classe d’âge incomprise. Oui, comme le disait de Gaule « la vieillesse est un naufrage », surtout quand c’est l’esprit qui fout le camp, mais pour autant cela ne leur enlève pas l’envie de vivre. Même après 70 ans on a envie de découvrir des choses, d’apprendre, d’aimer et même de baiser. Les vieux ne sont pas asexués et la graisse et les rides ne sont ni une contrainte ni une fatalité comme le prouve la sublime Jane Fonda, encore pleine de sensualité et de charme malgré ses 73 printemps au moment du tournage. Un message important mais qui met énormément de temps à se mettre en place, l’humour n’est pas très efficace, l’histoire un peu faiblarde et Bedos est mauvais. Heureusement que le thème est intéressant et que l’écriture des personnages est approfondie, sinon le temps paraîtrait bien long.

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RAID Dingue

RAID Dingue
2017
Dany Boon

Roi du box-office en France, que ce soit devant ou surtout derrière la caméra, Dany Boon rameute les foules comme personne : plus de 35 millions d’entrées en quatre films, et encore une fois les compteurs s’affolent avec un démarrage à quasiment 1,5 millions d’entrées en première semaine alors que les vacances scolaires commencent à peine. Il faut dire qu’une fois passé la déception des Ch’tis, ses autres films en tant que réalisateur sont très divertissants et son précédent était juste énorme entre un humour efficace, un thème novateur et des cascades de dingue, impliquant carrément un tank. Avec comme thème la police et un budget dépassant encore les 30 M€, on pouvait s’attendre à du lourd, mais la cuvée est tout juste bonne.

Passionnée depuis toute petite par le RAID, une division de la police qui s’occupe des opérations les plus à risque comme les attaques terroristes, Johanna (Alice Pol) fait tout depuis des années pour rejoindre leurs rangs, sans succès de par sa maladresse. Face à son désarrois et persuadé que l’expérience ne sera de toute façon pas concluante, son ministre de père (Michel Blanc) va faire jouer ses relations pour l’y faire rentrer. Seule femme parmi les recrues en formation, son inaptitude ahurissante exaspérera ses supérieurs, loin de se douter de son potentiel.

Lui qui aime jouer sur les chocs culturels, le réalisateur / acteur / scénariste envoie une pauvre jeune femme au casse-pipe, confrontant fantasme et réalité. Et comme toujours, les choses sont moins pires que ce que l’on craignait et dans un cheminement des plus prévisibles les gens vont apprendre à se connaître et s’apprécier. Une histoire d’apparence assez facile mais cela n’empêche pas le film d’avoir sur certains points une réelle profondeur, à l’image de la dénonciation des dérives médiatiques et ses journalistes qui veulent toujours être au plus près du terrain, quitte à mettre en danger des vies en montrant les coulisses d’opérations secrètes. Ce que le film montre du RAID est intéressant, bien plus en tous cas que l’organisation Léopard, mafia de l’Est qui sert de vague fil conducteur burlesque. Côté humour le film marche relativement bien et c’est dynamique, variant suffisamment entre gags visuels et oraux, mais rien de franchement mémorable. Niveaux acteurs ça passe plutôt bien aussi, même si on frôle par moment le cabotinage, retrouvant parmi eux Sabine Azéma, Florent Peyre, Anne Marivin et Yvan Attal. Pour ce qui est de l’utilisation du budget, on reste septique : si le film recèle effectivement quelques scènes d’action sympathiques, on est bien en deçà des plans épiques de Supercondriaque. Un peu de bonnes choses de partout, même quand le film devient un peu plus sérieux, assurant ainsi le spectacle, mais ça manque de folie pour pleinement nous emporter.

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Lego Batman, Le Film

Lego Batman, Le Film
2017
Chris McKay

Quand de grandes personnes ressortent leurs Lego du placard pour se taper du bon gros délire, ça donne La grande aventure Lego, un petit film sympathique qui sans vraiment exploiter à fond son potentiel nous livrait un divertissement efficace. Fort de ses 469 M$ récoltés pour un modeste budget de 60 M$, le feu vert fut donné pour une peltée de films dérivés et une suite prévue pour 2019, et voici le premier d’entre eux.

Personnage clé de la grande aventure, Batman nous revient pour un film solo. Luttant éternellement contre le crime à Gotham City, il se complet dans son quotidien mais il est bien le seul : la fille du commissaire Gordon souhaite faire bouger les choses et les méchants eux-même sont las de leurs affrontements, tout particulièrement le Joker, bien décidé à opposer à son antagoniste une menace d’une ampleur inédite.

Le film démarre sur les chapeaux de roue avec du cassage de quatrième mur et de l’humour épicé à la Deadpool, nous proposant des gags qui sonnent vraiment novateurs. Mieux encore, on se délecte de la VF qui redonne à Batman le même doubleur que celui que son personnage avait dans la trilogie du Dark Knight, lui insufflant d’emblée une légitimité certaine. Le film part très vite et très loin dans ses délires, nous balançant une avalanche de méchants et trouvant des utilisations intéressantes des Lego, source de pas mal de gags d’ailleurs. On rentre facilement dedans et les clin d’œil fusent, récompensant un public adulte à qui le film se destine très clairement. Oui mais voilà, au bout d’un moment la magie cesse d’opérer. Le côté stéréotypé des personnages devient flagrant, les gags se répètent et l’histoire est à la fois trop classique et trop foutraque. Le genre d’OAV crédible qu’on aurait pu avoir, mais qui s’avère décevant à force d’aborder trop de thèmes et de personnages pour au final n’en approfondir aucun. À l’image de Deadpool, le film se positionne comme l’antithèse des films de super-héros classiques mais en possède les mêmes tares scénaristiques avec une construction et des enjeux identiques, à ceci près que la formule manque parfois de saveur ici. Un style efficace pour un divertissement honnête, mais le film devient vite redondant et son scénario est brouillon.

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Juste la fin du monde

Juste la fin du monde
2016
Xavier Dolan

J’en avais le pressentiment à force d’entendre parler de son travail à droite et à gauche, et j’ai finalement décidé de me lancer avec Tom à la ferme pour découvrir l’univers du supposé génie Xavier Dolan. La confirmation tomba : l’homme n’a – dans ce film en tous cas – aucun talent que ce soit dans le jeu, l’écriture ou la réalisation. Seulement juger un homme sur un seul film est un peu léger et l’engouement autour de ce rassemblement extraordinaire de stars françaises donnait à réfléchir.

Adaptation d’une pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce, le film raconte le retour de Louis (Gaspard Ulliel) dans sa famille après douze ans d’absence, ayant choisit de vivre sa vie d’artiste de son côté en laissant le passé derrière lui. Entre une sœur (Léa Seydoux) qu’il n’a pas vu grandir, un frère (Vincent Cassel) auquel il n’a pas assister à son mariage (avec Marion Cotillard) et une mère veuve (Nathalie Baye) abandonnée à son propre sort, il s’attendait forcément à un accueil assez froid, mais c’est pour lui la dernière chance de les voir, sa mort étant imminente.

Le principe du film était, selon les propres mots du personnage principal, un mourant qui vient dire adieu à sa famille. Forcément, il n’allait pas dire « Yo je vais mourir dans quelques semaines » à peine le pallier de la porte franchi, surtout pas après douze ans d’absence et autant de raisons d’une certaine tension, mais tout de même. Pour un film d’à peine 99 minutes, on a rarement vu autant de longueurs, de conversations inutiles et interminables. Bien sûr, la séparation fut telle qu’il est devenu un étranger au sein de sa propre famille et le malaise implique des conversations banales, donc pendant la première partie la démarche du film est compréhensible, mais ça reste difficilement supportable de mollesse et le jeu des acteurs est atroce en dehors de Louis. On attendra ensuite vainement que les choses bougent et on verra arriver le générique de fin avant même que le film ne démarre vraiment, passant complètement à côté de son sujet. Pire, les personnages partent totalement en vrille sur la fin et la cohérence se fait largement la malle. Quelques passages piquants, de vives réactions pour le spectateur (somnolence ou rage) mais les excuses manquent pour justifier ces vaines engueulades.

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St Trinian’s – Pensionnat pour jeunes filles rebelles

St Trinian’s – Pensionnat pour jeunes filles rebelles
2007
Oliver Parker, Barnaby Thompson

Il n’y a pas qu’en France qu’on adapte des bandes-dessinées, nos voisins britanniques en ont aussi fait les frais. Après une demi-douzaines de versions le siècle dernier, la BD de Ronald Searle nous revenait il y a quelques années avec un casting assez dingue et le succès fut au rendez-vous puisqu’une suite a vu le jour et qu’un troisième opus est toujours prévu (mais cela semble peu probable puisque les recettes sont passées de 29 M$ à 11 M$). Entre un cadre et un postulat originaux voir aguicheurs, on pouvait s’attendre à de la bonne comédie fraîche et efficace, mais en réalité on aurait tendance à relativiser la nullité des Profs 2

Le film nous propose de découvrir une école pas comme les autres : celle de St Trinian, une école pour filles où le chaos et l’anarchie règnent. Les cours dispensés sont tout sauf conformes aux projets pédagogiques scolaires classiques, aucune règle ne fait loi et les pensionnaires sont complètement abandonnées à leur sort. Nouveau premier ministre britannique, Geoffrey Thwaites (Colin Firth) est bien décidé à mettre de l’ordre dans l’éducation nationale et va partir en croisade contre la pire école du pays : St Trinian.

C’est une catastrophe d’une telle ampleur qu’il est difficile de choisir par quelle atrocité attaquer. En l’espace de cinq minutes le film met en avant trois problèmes colossaux : le jeu insupportable du père / tante incarné par Rupert Everett, l’insipidité d’une héroïne qui aura ironiquement un rôle de quasi figurante à sa propre histoire, mais aussi et surtout l’une des pires réalisations de l’histoire. Des plans saccadés, des mouvements brusques, des ralentis immondes, des zooms dégueulasses et des transitions absurdes, tout y passe. Puis très vite d’autres ratages monstrueux vont sauter aux yeux, à commencer par le vide scénaristique et artistique. Les dialogues sont minables, chaque personnage est un stéréotype ambulant, le fil conducteur est médiocre et le cheminement pitoyable, mais ça reste presque plus honnête que la direction d’acteur, en roue libre totale. Toby Jones, Stephen Fry, Leana Headey, Juno Temple, Gemma Arterton et Russel Brand semblent s’être perdus et font pour la plupart de simples rôles figuratifs, ce qui ne les empêche pas de cabotiner à outrance. En parlant d’outrage, l’humour du film a déraciné toutes les pâquerettes, sombrant soit dans le mauvais goût soit dans la facilité extrême. Faire rire avec le meurtre d’un chien prouve toute la toxicité du film et une telle débâcle ne peut clairement pas être cautionnée ni même tolérée.

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