Les Indestructibles 2

Les Indestructibles 2
2018
Brad Bird

Acclamé par la presse et les spectateurs, Les Indestructibles a marqué une bonne partie de sa génération, sauf moi pour qui le scénario était bien trop lisse malgré une excellente idée de base. Alors que le cinéma d’animation traversait une période de crise au début des années 2000 avec l’arrivée des films numériques bien trop coûteux, le premier film faisait figure d’exception avec plus de 630 M$ au box-office, score certes moyen aujourd’hui mais prodigieux pour l’époque. L’annonce d’une suite 14 ans plus tard a de toute évidence été un séisme sans précédent puisque le record du plus gros lancement pour un film d’animation a été pulvérisé (182 M$ Vs 135 M$) et pour la toute première fois du genre l’un de ses représentant va non seulement dépasser la barre des 500 M$ sur le seul territoire américain, avec même la barre des 600 dans le viseur, mais le record mondial de 1,28 milliards de La Reine des Neiges va très probablement tomber. Avec encore une fois des notes stratosphériques, tient-on effectivement là le plus abouti représentant du genre ?

Si pour le spectateur une grosse décennie s’est écoulée, cette suite prend place immédiatement après son prédécesseur alors que la famille des Indestructibles faisait face au super-vilain « La Taupe ». Déjà hors-la-loi, leur nouvelle opération super-héroïque achèvera l’opinion publique de les mettre à l’arrêt. Il faut dire qu’avec des médias retraçant plus le bilan des dégâts de leurs actions que les vies sauvées, l’objectivité n’est pas permise. Milliardaire souhaitant les réhabiliter en changeant leur image publique, Winston Deavor va tenter de reprendre les choses en main alors qu’une nouvelle menace se profile : l’hypnotiseur, capable de prendre le contrôle de n’importe qui grâce à un signal vidéo.

Petit bijoux visuel pour son époque, l’animation du film a su évoluer tout en gardant la même patte graphique, certes très difforme mais au moins à peu près réussie et originale. Les progrès sont flagrants mais la continuité est respectée, mettant tout le monde d’accord. Deux questions primordiales se posaient alors : l’humour est-il toujours aussi bon et le scénario est-il enfin à la hauteur ? Les premières bandes-annonces étaient de nature à rassurer sur le premier point et le film ne déçoit clairement pas. La famille est toujours aussi colorée et attachante et leurs problèmes sont souvent hilarants, chacun arrivant à briller à son échelle. Jack Jack est plus flippant que jamais, Bob est un dinosaure ayant le plus gros cœur au monde, Flèche a une répartie au sommet et Hélène fera plaisir aux féministes. Seule Violette manque de consistance, mais elle a tout de même deux trois passages marrants. Côté scénario, le constat est à peu près le même que pour le premier film : bonne idée mais trop classiquement exploitée. Tout est une question d’opinion publique, de contrôle des médias. Un bon filon que le film exploite bien et le développement sur la famille fait en parallèle est assurément très bon. Seulement encore une fois, tout est ultra prévisible, bien trop pour qu’on laisse passer. Artistiquement très abouti et génial en terme d’ambiance, cette suite manque trop d’ambition scénaristique pour prétendre à plus qu’un bon divertissement teinté de nostalgie.

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Pacific Rim Uprising

Pacific Rim Uprising
2018
Steven S. DeKnight

Il y a cinq ans sortait un film colossal : Pacific Rim. Bon gros délire de grand enfant qui voulait voir s’affronter des robots géants et des monstres gigantesques, le film était un très très grand spectacle qui a largement convaincu les critiques et les spectateurs. Même si le budget était monstrueux (190 M$) et que les bénéfices furent proportionnellement faibles, avec 411 M$ au box-office mondial le film a tout de même convaincu les investisseurs pour rempiler pour une suite, bien que lui accordant un budget moindre (150 M$). Il faut dire que dans un contexte assez morose où l’écrasante majorité des suites peinent à égaler de près ou de loin leurs prédécesseurs, fanfaronner en parlant d’une série et d’un troisième opus avant même la sortie était très présomptueux, et vu la tiédeur des réceptions le résultat ne fut pas mieux que la concurrence : malgré un maintient exceptionnel en Chine où le film a encore récolté une centaine de millions, le film n’a même pas atteint la barre des 300 M$ (290 M$). Un échec pas très étonnant, mais pas mérité non plus.

L’histoire reprend dix ans après la fin de la guerre contre les Kaijus, qui s’acheva par la fermeture de la brèche dans l’océan Pacifique. Depuis les monstres ne sont pas réapparus, mais le monde n’est pas resté les bras croisés pour autant. La construction des Jaegers n’a jamais cessé, de même que la formation des pilotes, mais pour ces derniers la situation est sur le point de changer. Entre la difficulté de trouver deux personnes compatibles pour supporter la charge neuronale et l’obligation de devoir amener les pilotes jusqu’à leur robot en plus du transport de robot, rallongeant d’autant le temps pour être opérationnel, l’idée de les remplacer par des drones était l’évolution logique. Seront-ils prêts quand l’ennemi reviendra ? À moins qu’il ne soit déjà là…

En toute fin de film, on abordait l’existence de ceux qui ont créé les Kaijus pour nous attaquer, laissant entrevoir un scénario plus profond derrière le déluge d’effets spéciaux, un peu comme Independence Day Resurgence qui montrait clairement des signes de richesses qui ne demandaient qu’à être exploitées. Pour éviter de sombrer dans le piège de la plupart des suites qui refont la même chose en plus gros, le film apporte trois pistes de réflexion sur ce monde post-apocalyptique : comment les gens se sont reconstruits, comment le monde s’est préparé à un possible retour, et comment les extraterrestres se sont préparés à leur retour. Sans aller jusqu’à crier au génie, il faut bien avouer que le scénario est plutôt bien construit et propose quelque chose de très différent du premier, la menace étant bien plus pernicieuse. Alors qu’au début tout paraît prévisible, on découvre au fur et à mesure le comment du pourquoi, dénotant d’un niveau d’écriture supérieur. Mieux encore, les personnages sont aussi très intéressants, creusant un peu plus que les stéréotypes ambulants du premier. Bien qu’on se paye le bourrin de service insipide (Scott Eastwood), on aura droit à deux clichés certes classiques mais plus inspirés qu’à l’accoutumée : le lâche au grand cœur (John Boyega) et l’ado bricoleuse rebelle (Cailee Spaeny), bien que largement majeure. Le premier est charismatique, la seconde craquante, et avec le retour de Mako et Newton (Charlie Day) pour assurer la continuité, on peut être satisfait vu le caractère blockbuster décérébré que le film était censé être.

D’un point de vue de l’écriture, c’est donc une excellente surprise, le film surclassant largement son prédécesseur. Côtés effets spéciaux, malgré une sensible baisse de budget, la qualité reste au rendez-vous et nombre de passages sont épiques. Où est donc le problème ? C’est bien simple : la direction artistique et la réalisation sont clairement à la ramasse comparé au premier. Alors que Pacific Rim privilégiait des combats de nuit, tirant ainsi profit des sources de lumières émises par les robots ou les monstres, la plupart se passent ici de jour, perdant ainsi l’intérêt du sang fluorescent des Kaijus et mettant en lumière des robots qui perdent en réalisme sans un habillage atmosphérique. De plus, en réduisant la hauteur de cadre, le film perd une partie de la verticalité de ces combattants vertigineux, enlevant donc une partie du spectaculaire. Si on rajoute à ça une diminution drastique de Kaijus, se faisant longtemps désirer et semblant être des versions recyclées de ceux du premier volet, la déception est palpable. Pour peu qu’on ne cherche qu’un immense défouloir, le premier était sensiblement supérieur, mais le scénario arrive à sauver les meubles et donne un intérêt nouveau à la saga, faisant d’autant plus regretter son échec tant un troisième opus aurait pu être génial.

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Les Tuche 3

Les Tuche 3
2018
Olivier Baroux

Bon gros film de bof un peu bancal, le rentable mais sans plus Les Tuche eu droit à une suite qui a tout explosé : 4,6 millions d’entrées. Dans un milieu cinématographique français où près de neuf films sur dix ne sont pas rentables, quand on trouve un bon filon on l’exploite, et encore une fois la machine à sous s’est arrêté sur le triple 7. Encore une fois massacré par les critiques des deux bords, le film a su suffisamment nous vendre de rêve pour que même un bouche à oreille exécrable n’enraille en rien son succès : ce sont plus de 5,5 millions de spectateurs qui se sont rués dans les salles.

Il faut bien dire que le concept de ce troisième opus était plus que prometteur : on nous annonçait ni plus ni moins que l’accession au poste suprême pour Jeff Tuche (Jean-Paul Rouve, toujours accompagné d’Isabelle Nanty), celui de président de la république. Entre ce postulat improbable et les interventions télévisuelles du plus sympathiques de tous les présentateurs de l’histoire, Jean-Pierre Pernaut, on sentait que ça y était, la bonne idée pour enfin exploiter correctement ces personnages hauts en couleurs avait été trouvée. Et pourtant, le ratage n’en est pas la moitié d’un…

Dès les premières minutes, le potentiel du film est évident : le fait qu’une personne enfin honnête et franche se lance dans la course à l’élection présidentielle après avoir été avec succès maire de son village, cela avait une certaine légitimité et le film le traitait de manière assez réaliste. Le film aurait ensuite pu jouer la carte de l’engouement surprise où le candidat du peuple décroche in-extrémiste sa place au second tour, mais non, pendant une seconde l’annonce des résultats sonne réaliste, puis part en vrille totalement en éliminant de façon abracadabrantesque trois candidats. Le débat de l’entre deux-tours avait là aussi un énorme potentiel aux vus des premiers échanges, mais là encore le film anéanti toute forme de crédibilité en s’abaissant à un humour passablement foireux. Dans un cas comme dans l’autre, c’est un aveux de faiblesses des scénaristes, incapables de justifier leur idée de base. Le pire, c’est qu’à ce moment-là du film on a déjà à peu près vu tout ce qu’il y avait d’intéressant à découvrir. L’arrivée à l’Elysée n’est que l’éternel recommencement de la saga avec le choc des cultures, tout ce qui fait avancer l’histoire repose sur des énormités fatigantes, et une fois de plus l’évolution psychologique des personnages sera inexistante, ou alors réductive et abrutissante comme pour Donald. La sympathie des personnages s’étiole, l’humour est plus fade que jamais et le scénario est un gâchis sans nom. Olivier Baroux a toujours été un réalisateur et scénariste exécrable, mais l’escroquerie a assez duré.

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60 secondes chrono

60 secondes chrono
2000
Dominic Sena

Si aujourd’hui les bons gros films d’action décomplexés sont snobés et sortent bien souvent directement en vidéo sans passer par la case cinéma, jusqu’au début des années 2000 elles avaient encore une place de choix dans le paysage cinématographique. La preuve en est avec ce petit bijoux pour amateur de voitures de collection, qui malgré des critiques très mitigées a raflé plus de 230 M$ au box-office, soit à peu près autant que Fast & Furious sorti à la même époque. Comme quoi, quelques blagues en dessous de la ceinture, des grosses caisses et de la biatch et c’est la victoire assurée.

Remake du film éponyme de 1974, le film met un scène un vol de voiture sans précédent. À cause de son frère Kip (Giovanni Ribisi) menacé de mort suite à un ratage complet qui a fait perdre beaucoup de temps et d’argent à un dangereux chef mafieux, le légendaire Memphis (Nicolas Cage), l’as du vol de voiture à la retraite, va devoir reprendre du service. En échange de la vie de son frère, il va devoir voler pas moins de 50 voitures de modèle bien précis en seulement trois jours. Pour se faire, il va devoir réunir son ancienne bande (incluant Angelina Jolie et Robert Duvall), mais pendant ce temps la police (Delroy Lindo et Timothy Olyphant), aux faits de son passé, va l’avoir à l’œil.

Dans le genre idée de base ultra classique, le film se pose là : le coup du frère gaffeur qui marche dans les pas de son aîné, avec la même tête d’affiche on a eu ensuite Lord of War pour ne citer que lui, mais la liste est interminable. De même, le coup de la légende qui s’est retirée et qui revient par la force des choses, ce doit être l’un des thèmes les plus éculés de tous les temps, d’Aragorn dans Le Seigneur des Anneaux à Batman dans Batman V Superman en passant par Han Solo dans Star Wars 7. Et que dire de la vieille équipe qui se reforme, classique parmi les classiques ? Si on ajoute à ça l’humour bien gras et les personnages ultra stéréotypés, on obtient sans contestes l’un des films les moins inspirés de l’histoire. Il faut donc savoir prendre le film pour ce qu’il est : un gros film d’action avec des bagnoles et un brin de suspense autour de comment les choses vont se dérouler. C’est globalement assez efficace et le casting est plutôt énorme, mais pas de quoi non plus atteindre le niveau de fun d’un Fast & Furious ou d’un Need for Speed, qui avait d’ailleurs un meilleur casting voiture et mieux mis en valeur. De même, côté action le film n’est pas très généreux, se contentant d’une belle course-poursuite tardive, le reste étant très oubliable. Pour l’ambiance rétro, le casting et les belles voitures, les fans du genre y trouveront là un divertissement parfait, mais difficile de s’emballer outre mesure.

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Rétrospective Naruto – Compile + Vidéo bonus

En avril 2017, suite à la fin de l’anime du manga culte Naruto, je m’étais lancé le défis d’enfin terminer ce que j’avais commencé près de 15 ans plus tôt. Après m’être heurté à quelques doutes, j’étais persuadé ne jamais y parvenir à cause d’une chute d’intérêt trop important, et en pleine préparation de la 4° Grande Guerre Ninja, j’avais encore une fois abandonné, publiant alors en janvier dernier la première partie de ma critique, centrée sur uniquement sur la partie avant Shippuden. Finalement, quelques mois plus tard le courage m’est revenu et la mission est enfin accomplie avec l’entièreté de l’anime de critiqué ainsi que quatre des films d’animations, les deux premiers et les deux derniers (les deux seuls cannons, appartenant à la mythologie officielle). Voici donc les liens de chacun des articles en question, de même qu’une vidéo résumant l’anime et mon ressenti autour de cet univers.

Par ordre chronologique :

- L’anime Naruto
- Le premier film, Les Chroniques ninja de la princesse des neiges
- Le second film, La Légende de la pierre de Guelel
- L’anime Naruto Shippuden
- Le film Naruto the Last
- Le film Boruto

Et enfin pour conclure, voici le lien pour ma vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=qRlIVYQm7cc

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Boruto : Naruto, le film

Boruto : Naruto, le film
2015
Hiroyuki Yamashita

À force d’aller toujours plus loin dans la démonstration de force et la démesure, Naruto fonçait droit dans le mur à vouloir continuer dans la surenchère. Le manga n’avait donc pas d’autre choix que de proposer autre chose pour poursuivre l’aventure. Personnellement, j’aurais énormément apprécié que la folie des combats cesse, se concentrant sur ses personnages qui méritaient à la fois plus de développement mais aussi de couler enfin des jours heureux. Finalement non, on repartira sur une nouvelle génération, comme rebootant le manga en repartant de zéro pour nous refourguer la même chose.

Se déroulant 13 ans après la fin de Naruto the Last et de l’anime Shippuden, le film nous introduit la toute nouvelle génération emmenée par Boruto, le fils de Naruto, enfin devenu Hokage (l’OAV sur son sacre est une honte absolue au passage, alors même que ça aurait dû être le moment le plus important de tout le manga). Comme son père avant lui, il fait parti de l’équipe 7, faisant équipe avec Sarada, fille de Sakura et Sasuke, et Mitsuki, fils d’Orochimaru (avec qui ???), le tout sous la houlette de Konohamaru, devenu instructeur. Alors que se profile l’examen de Chunin, Boruto va prendre la voie de la facilité, se servant d’une toute nouvelle technologie pour pouvoir sortir des attaques surpuissantes sans avoir à s’entraîner pour les maîtriser. Pendant ce temps, l’Hokage de l’ombre qu’est Sasuke va enquêter sur deux étranges individus louant les préceptes de Kaguya, l’antique princesse qui voulait réduire en esclavage le monde entier.

Point faible de Naruto the Last, essayer d’étendre la menace Kaguya qui n’avait que trop duré n’était pas une bonne, et ici on nous en rebalance une couche encore plus improbable puisqu’on ne saura même pas d’où sortent les deux gugusses. Pire, les nouveaux personnages ne sont pas folichons, Boruto étant un copié-collé de Naruto et Sarada de Sakura (comme pratiquement tous les enfants, copies physiques et mentales de leurs parents), sans en approcher le niveau de charisme, même de loin. Boruto s’avère même être une tête à claque de première doublée d’un enfant indigne. Seulement voilà : même les anciens personnages ne sont plus au niveau. Naruto est devenu un père indigne, Hinata et Sakura sont réduites au simple statut de femme au foyer, Gaara a une nouvelle coupe dégueulasse, les trois autres Kage ont changé (et l’une des remplaçantes est inconnue au bataillon), et pire de tout, Killer B sera tué dans l’indifférence la plus totale au cours du film. Ça ne sera ni déploré, ni même évoqué. Seul Sasuke semble en sortir grandi puisqu’étant l’enquêteur de l’ombre, tout en étant plus présent pour sa famille que Naruto et jouant même les mentors pour Boruto. La qualité de l’animation est irréprochable, les combats sont cool et l’idée d’assister à un nouvel examen Chunin est excitant, mais en dehors de ça les déceptions sont nombreuses et notre héros d’enfance se voit traîner dans la boue. Au final il reste classe, a ses grands moments et retrouve le droit chemin, mais le passage de flambeau n’inspire pas beaucoup. Par curiosité je donnerais sa chance à l’anime qui suit, mais sans grande conviction…



PS : Je viens de commencer l’anime et trois choses m’horripilent : l’histoire démarre avant ce film, nous refourgue un copié-collé de la première saison de Smallville avec tour à tour chaque habitant de la ville possédé, et la toute première scène tease un combat avec un Boruto plus âgé d’une poignée d’années où l’on apprend que Naruto est mort. Soit c’est ce que croit le personnage mais en réalité il se cache, soit le mangaka peut crever avec sa suite lamentable.

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Naruto The Last

Naruto The Last
2015
Tsuneo Kobayashi

Sans même parler de la manne financière colossale que représentait – et du coup représente toujours - Naruto, quand on couve une œuvre depuis tant d’années, il est difficile voir impossible de s’en défaire totalement. Sachant que la fin du manga papier datais de seulement deux semaines avant la sortie du film (au japon) et que le temps nécessaire à la production d’un film d’animation est de minimum un voir deux ans, et qu’ensuite le film Boruto a suivi à peine quelques mois après, on se doute que la fin du manga Naruto n’a jamais eu l’intention de signifier l’arrêt de l’univers, loin s’en faut. D’autant plus que si jusqu’à présent les différents films issus du manga qui sortaient chaque année n’avaient « aucune valeur » dans la mesure où ils n’étaient pas considérés comme appartenant au même univers, cette fois pour la toute première fois, l’histoire racontée était écrite pas l’auteur du manga en personne, l’incluant donc officiellement dans la continuité du manga. Reste un problème de taille : Naruto Shippuden. En effet, à force de faire n’importe quoi et de nous refourguer des épisodes fillers (Hors Série) de partout, l’anime a au final accumulé plus de deux ans et demi de retard sur le manga papier, et mise à part la dernière poignée d’épisodes sur la préparation du mariage, l’intégralité du film se passe après l’anime. Donc pour un film reprenant les doubleurs et les idées visuelles concrétisées par l’anime, se passer après des événements qui seront diffusés des années après est une hérésie. Mais soit…

Apparemment pas totalement fini, l’arc sur la princesse Kaguya vient trouver là un nouvel écho. Le frère du Rikudo Sennin s’était apparemment exilé sur la Lune pour surveiller la prison de sa mère, et pour son dernier descendant encore envie, Toneri, le coup d’éclat de Zetsu noir, fils de Kaguya, qui avait réussi à briser le sceau et ramener sa mère, est la preuve que la doctrine du Rikudo a ses limites. L’espèce humaine est faible, et pour être sûr que le problème ne se représentera plus jamais, Toneri va décider de ni plus ni moins que d’anéantir tout le monde en envoyant s’écraser la Lune sur Terre. Ayant besoin du pouvoir des Hyuga – possédant le Byakugan de Kaguya – pour son œuvre, il va alors kidnapper la sœur d’Hinata et tenter de s’en prendre à cette dernière. Accompagnée par Naruto, Sakura, Saï et Shikamaru, elle va partir pour une mission de sauvetage de sa sœur, et par là-même du monde entier.

Alors que Naruto a traversé tant d’épreuves aux côtés de Sakura qu’il a aimé pendant tant d’années, la romance avec Hinata, bien qu’amorcée depuis le tout début, n’a jamais vraiment convaincu. Le personnage n’a presque jamais eu d’importance dans l’histoire et elle aura été absente d’une très grande partie de Naruto Shippuden. Le sel de leur relation n’aura eu que deux moments forts : le moment de bravoure d’Hinata face à Pain puis un autre moindre durant la 4° Guerre. L’histoire de Toneri n’est en fait ici qu’une simple toile de fond, le vrai sujet du film étant en réalité la relation entre Naruto et Hinata. Et heureusement d’ailleurs, le méchant étant stéréotypé à souhait, son background quasi inexistant et la façon dont le tout se termine laisse perplexe, nous faisant croire qu’une autre forme final au boss allait apparaître au moment fatidique. Un prétexte extrêmement bancal donc, mais le reste est magistral. Retraçant via des flashbacks revisités tout ce que les deux ont vécu ensemble en parallèle de l’histoire, le film arrive à donner de la crédibilité à cette flamme et pourquoi ça ne pouvait être personne d’autre. La sincérité et la poésie qui s’en dégagent sont magnifiques, les musiques sont sublimes, et jamais le manga n’avait eu droit à un traitement visuel pareil. La qualité de l’animation est d’un niveau inédit, chaque image regorgeant de détails et de jeux de lumière, le tout dans une fluidité qui fait un bien fou. Le film a même l’intelligence et l’audace de rappeler les faits importants de l’intrigue du manga liés à cette nouvelle aventure, le tout dans un mélange magnifique entre du théâtre d’ombre et de l’encre se répandant dans l’eau. Dommage qu’en dehors des deux tourtereaux le scénario soit si faible et que Sasuke continue de se tapir dans l’ombre, sans compter le mariage simplement esquissé via un diaporama en générique de fin. Toujours pas de fin digne de ce nom pour le manga, mais le film apporte une réponse magnifique à un manque impardonnable et s’impose comme une romance touchante et réussie.

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Naruto Shippuden

Naruto Shippuden
2007-2017
Hayato Date

Manga culte de ma jeunesse, Naruto en aura fait bavé à ceux qui le suivaient assidûment entre une avalanche de HS plus insupportables les uns que les autres, quelques passages ratés et de grosses longueurs. Le décrochage fut pour ma part assez rapide, dès 2008, les débuts de Shippuden n’étant pas à la hauteur des deux années d’attente où chaque nouvel épisode de HS testait notre résistance psychologique, et côté manga papier l’entre Akatsuki / sommet des cinq Kage était passablement mollasson. Mais voilà, depuis le manga est « fini » (pour mieux prendre la relève derrière avec les enfants), de même que l’anime, et il était grand temps de découvrir comment tout cela allait finir.

Ennemi de l’ombre, aussi mystérieux qu’inquiétant et dont les membres sont censés être les ninjas les plus puissants au monde, le début de Naruto Shippuden nous confronte donc à la terrifiante organisation Akastuki. Si on ignore alors dans quel but ils agissent de la sorte, leur objectif est en tous cas de capturer tous les Bijus. Célèbre père fondateur du nindô actuel (l’art du ninja), le légendaire Rikudô Sennin aurait scindé l’arbre originel, source du chakra, en neuf créatures mythiques censées guider et protéger le peuple : les Bijus. Depuis ces temps immémoriaux, les choses ont bien changé et les Bijus ne sont plus ces protecteurs d’autrefois, s’étant retournés contre les hommes. Pour les empêcher de nuire, une solution avait alors été trouvée : les Jinchurikis, des hommes dans lesquels on scellait un Biju. Toute la première partie se concentrera donc sur l’Akatsuki, traquant les Jinchurikis pour leur extraire leur Biju dans un but bien obscur qu’on ne comprendra vraiment que vers la fin.

La partie juste avant Shippuden nous avait justement laissé sur le départ de Naruto, parti s’entraîner avec Jiraya pour affronter cette menace qui le concerne directement, étant le Jinchuriki de Kurama (Kyubi). Son retour à Konoha sera un grand moment, permettant à la fois de voir les progrès de chacun mais surtout de voir leur évolution physique, près de trois s’étant écoulés. Le premier arc fait aussi très plaisir dans la mesure où l’Akatsuki va se heurter au village du désert désormais sous la protection d’un nouveau Kazekage qui n’est autre que Gaara, plus classe et puissant que jamais. Un retour en force donc, mais l’anime déçoit néanmoins sur un point : la qualité de l’animation. Il est vrai que l’affrontement Naruto / Sasuke avait mit le paquet, mais certains passages sont assez indignes, notamment quand Deidara vole au dessus de Suna. L’image y est saccadée, pas très fine et les boucles temporelles sont grossières. On dénote aussi un déséquilibre flagrant entre la qualité de l’affrontement contre Sasori par rapport à l’ennui de celui contre Deidara, ne permettant pas à Naruto de briller autant que Sakura ou même Kakashi dont les progrès semblent plus impressionnants. Il faudra attendre l’arc suivant pour comprendre toute l’étendue de sa force, tentative de sauvetage de Sasuke avec une toute nouvelle équipe.

Si Sakura et Naruto sont toujours dans l’équipe 7, suite au combat contre Deidara, Kakashi sera mis au repos forcé, et il faut bien remplacer Sasuke pour la mission (le repère d’Orochimaru chez qui est parti Sasuke ayant été localisé). On fera ainsi la rencontre de Saï, un membre des forces spéciales de l’ombre (l’ANBU), une pâle copie de Sasuke dénué de tout charisme (heureusement que sa présence se fera de plus en plus anecdotique, au point de pratiquement l’oublier), et aussi Yamato, remplaçant de Kakashi et descendant direct des Shenjus, ninjas capables de contrôler le bois et les Bijus, très pratique dans le cas précis. En effet, en plus de perfectionner ses anciennes techniques et de développer sa force, l’entraînement de Naruto aura surtout consisté à maîtriser la puissance du Biju qui est en lui, celle de Kyubi. Dans un combat épique et surpuissant, on verra ainsi Naruto se métamorphoser en Kyubi miniature, capable de rivaliser avec le grand Orochimaru en personne. Un second arc encore plus captivant que le premier, se terminant par une rencontre avec un Sasuke plus perdu que jamais dans ses ténèbres. Un grand moment du manga assurément.

Continuant sur une lancée magnifique, on enchaîne alors sur un tout nouveau entraînement où l’on apprend que la technique ultime de Naruto, le Rasengan, n’est en réalité qu’un ébauche de technique incomplète. Alors que l’Akatsuki continue ses attaques, Naruto devra apprendre à insuffler son élément à son Rasengan, à savoir le vent. Mettant cette fois en valeur l’équipe Ino / Chôji / Shikamaru, on suivra ainsi en parallèle un entraînement palpitant et une confrontation avec deux membres de l’Akatsuki qui semblent encore plus dangereux que les précédents. Néanmoins, les premiers signes de faiblesse apparaissent puisqu’aussi sympathique que soit cet autre trio de ninja, ils semblent avoir atteint leur limite et ne sont pas taillés pour ce genre d’affrontement, nous faisant attendre l’arrivée du messie Naruto avec une pointe d’ennui.

La suite sera probablement l’un des moments les plus importants et marquant de la mythologie Naruto puisque d’un côté Sasuke, qui a tué Orochimaru (moment extrêmement décevant dans la mesure où le méchant le plus iconique meurt lamentablement), traque son frère pour enfin venger son clan, et de l’autre côté on suit Jiraya qui enquête sur Pain, celui qui apparaît comme le cerveau et l’homme le plus dangereux de tout l’Akatsuki. La partie avec Sasuke sonne un peu creuse et redondante, mais son combat contre Itachi réservera à la fois de belle surprises visuelles et scénaristiques. En plus de nous montrer enfin le vrai pouvoir des Sharigans avec l’Amateretsu, feu ultime, et Susano, armure et arme ultime méga classe, on aura aussi droit au comment du pourquoi sur la fameuse nuit où tout a basculé. Certains choix sont discutables et ça n’explique pas exactement tout (d’où le retour durant la 4° guerre) mais ça a le mérite de surprendre et d’émouvoir. RIP Itachi…

Plus intéressant mais avec là aussi quelques problèmes de rythme, l’arc Pain est assurément un arc majeur de Naruto. Faisant la lumière sur une des facettes de Jiraya au travers de souvenirs de la Seconde Guerre Ninja, l’anime marque énormément de points en terme d’ambiance : les thèmes spécialement composés pour le personnage et l’univers l’entourant sont puissants, jouant sur le caractère épique, mélancolique et mystérieux. Personnage préféré de nombreux fans, Jiraya perdra la vie au cours d’un combat impossible à gagner contre Pain, entité possédant plusieurs corps avec chacun des capacités spéciales. Un ennemi visiblement invincible, et pour espérer se mesurer à lui et empêcher la destruction de Konoha, Naruto va devoir apprendre à maîtriser une chose que Jiraya lui-même ne maîtrisait pas totalement : l’art des Sennins. La chakra vie en chacun et en toute chose, et la nature en regorge. À l’image de son mentor, Naruto va devenir un ermite. Formé par le roi des grenouilles en personnes, Naruto va se trouver une nouvelle source d’énergie autre que Kyubi, une qu’il pourrait totalement contrôler. L’entraînement est un poil longuet, et comme pour l’attaque de l’Akatsuki où l’équipe de Shikamaru tentait de gérer la situation, on sent que personne à Konoha n’est en mesure de tenir tête une seule seconde à Nagato, l’homme qui est derrière l’escouade Pain, faisant qu’on reste encore une fois là à attendre que Naruto vienne tout défoncer. Et effectivement, en plus d’avoir une classe monumentale en ermite, il envoie clairement du lourd et fait en plus preuve d’un certain talent de stratège.

En terme de mythologie, ces deux arcs entre-mêlés sont primordiaux et développent pas mal de bonnes choses, que ce soit en terme de personnages ou au niveau de l’univers en général. Niveau combat, les confrontations avec l’Akatsuki sont presque toutes géniales, pas mal de recherches en terme de design et on atteint ici une sorte de climax. Que ce soit l’Amateretsu ou Susano pour le Sharingan de Sasuke, ou l’art du Sannin et son Rasengan élémentaire pour Naruto, sans compter Pain, l’ennemi le plus classe jamais vu, le paroxysme de l’anime est ici. Malgré quelques passages en deçà, cette première moitié de Shippuden est une excellente cuvée, globalement même supérieure à sa jeunesse. On aura même droit à deux épisodes de flash-back sur la jeunesse de Kakashi à l’époque où il faisait équipe avec Obito Uchiwa et Rin avec pour professeur nul autre que le père de Naruto, le Yondaime Hokage. Et pourtant, c’est à ce moment-là que le manga va entamer sa lente descente aux enfers.

Après avoir enchaîné quelques uns des meilleurs épisodes, l’anime va sombrer dans ce qui est probablement sa pire partie : le sommet des cinq Kage. Si Itachi était un excellent personnage, Sasuke n’a jamais été qu’un connard fini prenant systématiquement les pires décisions. La construction de son équipe est un passage pénible ; le coup d’état de Danzo, chef des ANBU, pour devenir Rokudaime, le sixième Hokage, n’apporte rien au final ; et mise à part Gaara qu’on aimait déjà, le reste des Kage est un défilé de stéréotypes insupportables entre le vieux papy, la brute et la bonasse. Pire encore, nombre d’épisodes viennent polluer le paysage en nous racontant le passé de chacun, insipides au possible, sans compter le pseudo twist sur le « véritable » cerveau de l’Akatsuki : Tobi (des twist sur le sujet, vous allez vous en bouffer !). Tout part en vrille entre un Sasuke qui rejoint l’Akatsuki, trahissant la mémoire de son frère et dont l’arrogance sans pareille lui aurait valut la mort dans un monde plus juste. On est sur un tel niveau de connerie que Zestu blanc va se suicider en se téléportant comme un con au milieu des cinq chefs ninjas, normalement les plus puissants de leurs pays, et Sasuke fera pratiquement pareil, sans pour autant avoir le sort qu’il méritait. Le tout s’achève lamentablement sur un Sasuke tout puissant qui tue l’Hokage et que ni Naruto ni Sakura ne vont réussir à arrêter.

Visiblement pas conscients du niveau de frustration et de connerie que ce procédé avait déjà par deux fois créé, ils nous ressortent ensuite le coup du combat qui débute alors que Naruto est parti s’entraîner ailleurs. Apparemment très loin d’avoir puisé tout le potentiel de son compagnon scellé en lui, il va apprendre à entrer en symbiose avec son Biju, comme le Jinchuriki d’Hichibi, qui lui a non seulement réussi à le dompter mais est aussi devenu ami avec, permettant de non pas soutirer du chakra, mais d’accéder à l’ensemble de sa force. Un entraînement qui aurait pu être intéressant – enfin plus que ce qu’il n’est puisque les retrouvailles avec les parents sont puissamment émouvantes – si le fameux huitième Jinchuriki Killer B, certes plus supportable sur la fin, n’était pas à ce point exacerbant. Un entraînement dans le plus grand des calmes alors qu’au même moment Tobi proclamait ouverte la Quatrième Grande Guerre Ninja si les différentes nation ne lui livraient pas les derniers Jinchurikis. Une situation de crise à laquelle les Kage vont répondre par une alliance jusqu’alors inédite : toutes les nations ninja face à une même menace.

Arc se déroulant sur près de 250 épisodes (dépassant ainsi les fameux 172 épisodes de l’arc Dressrosa de One Piece), il s’agit – et de loin – du plus long de tous, et clairement ça se ressent tant tout semble s’éterniser, surtout le combat final. Mise à part Tobi, Zetsu et Sasuke, l’intégralité de l’Akatsuki étant décimée on pouvait croire une telle guerre impossible, mais les bougres s’étaient bien préparés. En plus d’avoir cultivé des dizaines de milliers de Zetsu blancs, chair à canon pour le menu fretin, Tobi a fait alliance avec Kabuto, l’ex bras droit d’Orochimaru, maîtrisant à son tour l’endo tensei, sort qui permet de faire revenir une personne d’entre les morts, tout en la contrôlant, à condition de sacrifier un corps vivant. Et voilà comment d’un coup d’un seul les plus grands ninjas de l’histoire, ceux des deux côtés tombés au combat, vont se retrouver obligés de se battre pour Tobi. La mise en place est laborieuse à souhait, on sent directement qui sont les faire-valoir, et si on apprécie de voir tous les personnages vus depuis le début enfin réunis, on doit aussi se taper des nouveaux et les trois Kage insipides. Comme par hasard, si les morts du côté de l’alliance Shinobi se conteront en centaines, ce ne sont pratiquement que des figurants ou des rôles très secondaires qui sont touchés, à une exception près.

L’endo tensei permet moult retrouvailles, mais rares sont celles à vraiment valoir le coup (hormis celles qui viendront après, amenant chacune d’excellentes explications sur la mythologie ou amenant pas mal d’émotion). Il faudra attendre le réveil d’Itachi pour que les choses se bougent un peu, tentant une ultime fois de ramener Sasuke sur le droit chemin. À grand coup de surenchère après de longs passages à vide, le manga va aller de révélation en révélation, nous apprenant, ô surprise qu’on avait deviné depuis des années, que Tobi n’est nul autre qu’Obito, le membre supposé mort de l’équipe de Kakashi. Plus encore, cela fait vingt ans qu’il prévoyait de ramener le légendaire Madara Uchiwa à la vie grâce à l’endo tensei, technique qu’il connait et dont il peut revenir, finalement pas mort du temps du premier Hokage et qui a récupérer Obito dans les ténèbres pour le former dans ses derniers instants de vie. Et alors que Madara et Obito officient ensemble pour ramener Jubi à la vie et ainsi lancer le Genjutsu final qui plongerait le monde dans une illusion idyllique, Sasuke a ramené de son côté Orochimaru à la vie, seul capable de ramener les quatre premier Hokage qui pourront parachever l’histoire de son frère pour ainsi savoir s’il doit détruire Konoha ou sauver le monde de Madara.

Un peu méfiant face au double changement de bord de Sasuke et Orochimaru, on aura tout de même droit à un passage bien sympa où l’Hokage originel qui a fondé le village de Konoha nous raconte son histoire et celle de son meilleur ami Madara. À l’image de Naruto et Sasuke, ils étaient tout deux amis et rivaux, mais en pleine période de guerre où leurs clans respectifs s’entre-tuaient, avoir réussi à imposer une trêve et même fonder un village commun était énorme, trop peut-être. Certaines rancœurs avaient la vie dure, et il aura suffit de si peu pour pousser Madara à se retourner contre son ami d’enfance et tenter de tout détruire, au point de revenir aujourd’hui d’entre les morts pour terminer son œuvre. Loin d’avoir le niveau de One Piece en terme de flashback et même plus généralement de gackground de personnages, trouver là une histoire passée si captivante est suffisamment rare pour le noter. Et pendant ce temps, le combat s’éternise, s’éternise…

On a tout d’abord Naruto, enfin arrivé sur le champ de bataille, Sakura, Kakashi et Gaï (me semble t-il) qui affrontent Tobi, puis il invoque Jubi, puis Madara et toute l’alliance Shinobi arrive, puis c’est au tour de Sasuke d’arriver, puis les quatre Hokage morts, puis enfin les cinq Kage actuels avec Orochimaru et l’équipe qu’avait monté Sasuke. Une fois que tout le monde est arrivé et qu’ils se mettent sur la gueule, on a Neji qui meurt comme une merde, permettant à Naruto de se bouger enfin le cul puisqu’il est, depuis son entraînement, largement plus fort que toute l’alliance Shinobi réunie. Après des années de lutte intérieure, on va enfin avoir droit à une collaboration entière entre Naruto et Kyubi, donnant lieu à une transformation physique assez classe, non sans rappeler le costume d’Hokage de son père. Mais même là la supériorité de Tobi / Obito restera totale, devant attendre l’arrivée de renforts pour enfin avoir le dessus. La fin du boss de fin du manga ? Eh non, puisque retournement de situation, Obito a toujours été un pion de Madara, véritable ennemi suprême qui récupérera les pouvoirs de Jubi pour devenir à son tour le ninja le plus puissant au monde. Seulement après une pléthore d’épisodes de combat contre lui, on apprend que plot twist, Madara était déjà un pion choisi avant même la construction de Konoha par nulle autre que Zetsu noir, qui est en réalité le fils caché de la princesse Kaguya, déesse originelle qui a créé le chakra. Puis quintuple rebondissement de malade, on apprend que le monde idyllique auquel croyaient Madara et Obito ne pouvait exister puisque le Genjutsu final avait pour but de libérer la princesse Kaguya de sa prison, la Lune. Mon dieu, plagiat de l’enfant lunaire de Legend of Dragoon ? Mais oui bien sûr, mais reste bien assis sur ton siège, puisqu’une révélation en cache trois milliards d’autres !

En effet, toute l’armada de Zetsu blancs cachés dans le sol que Madara croyait naïvement avoir créé sont en réalité les victimes du tout premier Genjutsu final et tous les gens du monde entier risquent de finir comme ça ! Heureusement, les fils historiques de Kaguya qui avaient fini par la sceller dans la Lune pour mettre fin à sa tyrannie avaient prévu le coup. Effectivement, nul autre que le légendaire Rikudo Sennin, qui avait scellé une partie de sa conscience pour si sa mère venait à être libérer, va venir en aide à Naruto et Sasuke en leur conférant des pouvoirs incommensurables pour appliquer à nouveau le sceau lunaire. Donc après un très long combat contre Obito, un monstrueusement long combat contre Madara, on enchaînera sur un immensément long combat contre Kaguya, l’occasion à chaque fois de nous refourguer des flashbacks de plus ou moins bonne qualité. Tout cela amène à trois problèmes majeurs, découlant tous les uns des autres. Les retournements de situation semblent arriver comme un cheveu sur la soupe tant les personnages en question n’ont pas, ou presque pas, été développés. Du coup, le manga est obligé de nous pondre des flashbacks sur des personnages mal introduits et donc peu intéressants de prime à bord, se donnant ainsi des airs de correctif tardif ou fait à l’arrache (le mangaka ayant apparemment tout inventé au fur et à mesure, je pencherais pour la deuxième option). Et tout cela abouti à un autre problème d’envergure : la durée. Depuis la proclamation de la 4° Guerre Ninja, les choses n’ont que trop duré. Même si certains passages pris indépendamment sont très bons, on suffoque, on en peut plus, il faut que cela finisse.

Avant d’enfin pouvoir reposer dans ce monde de paix nouvellement créé où les cinq pays ninja marchent enfin main dans la main suite à cette menace sans précédent qui les a obligé à s’unifier, il restait un dernier problème à régler : Sasuke. Si finalement Orochimaru va réellement se ranger, le dernier représentant du clan Uchiwa restait toujours dubitatif sur le sort de ce monde. Incapable d’avoir fois en l’humanité, il sera persuadé que le monde a besoin d’une menace continue ou d’une dictature pour le maintenir en l’état, planifiant donc d’assassiner les cinq Kage et de diriger ce nouveau monde. Faisant écho à leur mythique affrontement devant les mêmes chutes qui opposèrent jadis Madara à Hashirama, Naruto et Sasuke vont donc régler ça une bonne fois pour toute dans ce même lieu, alors même qu’ils ressortent d’une série de combats dantesques. C’est encore une fois le retournement de trop, prouvant que le mangaka n’a jamais réellement su quoi faire de Sasuke tant c’est une girouette totale changeant totalement de convictions d’une scène à l’autre. Il veut détruire Konoha, la protéger, la diriger puis finalement de nouveau la raser, le tout dans ce même arc beaucoup trop long. Ça n’a aucun sens, les deux combattants sont presque à bout avant même d’avoir commencé et on se doute que Sasuke ne mettra pas à exécution son plan. En résultera un double chaos pathétique se soldant par la perte d’un bras chacun. Le pire c’est que le manga se terminera pratiquement comme ça, passant juste vite fait sur le passage de flambeau entre Tsunade et Kakashi, qui deviendra donc le sixième Hokage, tandis que Naruto (qui va retrouver un second bras grâce à la médecine de Tsunade) est plus ou moins promis à devenir le septième Hokage avec déjà la certitude d’une promotion Jûnnin sous deux ans, se terminant sur le départ du village de Sasuke, cherchant la rédemption. Mais heureusement, l’anime nous dira au revoir plus en douceur en réparant certains manques du manga.

Il n’a jamais été question d’arrêter le manga : deux ans avant la fin de l’anime et moins d’un an après la fin sur papier, le film Naruto the Last, écrit par le mangaka lui-même et s’inscrivant donc dans la chronologie officielle, prenait la suite. Plus encore, quelques mois plus tard, la relève était là avec Boruto, fils de Naruto dont on peut désormais suivre les aventures. Néanmoins, si on considère le manga Naruto comme un tout et non pas comme une première partie d’une plus longue histoire qui a encore cours, une fin pareille serait hautement décevante. Se terminant sur le mariage entre Naruto et Hinata, le film Naruto the Last laissait donc deux années pleines de champ libre pour raconter l’après guerre et développer des histoires que les lecteurs avaient découvert stupéfiés, notamment les romances. Et c’est justement là l’intérêt de tous les derniers épisodes de l’anime, hormis la mission de Sasuke pas vraiment passionnante. On découvre ainsi comment un monde en paix a dû se réinventer, lui qui dépendait beaucoup des missions de sauvetage, escorte et élimination. La mission HS de Shikamaru au pays du Silence, bien qu’un peu bancale, en est un excellent exemple, mais c’est surtout la dernière ligne droite qui mérite toute notre attention.

En effet, les derniers épisodes tourneront autour de la préparation du mariage de Naruto et Hinata. Chaque épisode sera centré sur un personnage secondaire devant trouver un cadeau, permettant d’enfin mettre en lumière ces personnages oubliés qu’on a si peu vu durant tout Naruto Shippuden. Dans un monde où l’on peut enfin penser au futur et se projeter, il est passionnant de voir vers où vont les aspirations de chacun, comment naissent certaines romances. Déjà introduite bien avant Shippuden, celle de Shikamaru et Temari est particulièrement soignée puisqu’après s’être croisés dans le mini-arc sur sa mission au pays du Silence, la recherche du cadeau leur fera faire une balade en amoureux tant attendue. Cette petite série d’une dizaine d’épisodes va se révéler incroyablement bonne, développant à leur juste mesure les personnages et nous offrant à la fois de franches barres de rires, comme avec la gratuité hasardeuse des apparitions d’Orochimaru ou le stress de Shikamaru face aux réactions de Temari avec la musique solennel derrière, mais aussi de magnifiques passages émouvant, que ce soit les romances ou les symboles forts d’amitié. Entre l’amour paternel d’Iruka et celui fraternel de Gaara, certaines scènes manquent de peu de nous émouvoir aux larmes.

Car oui, Naruto ça n’est pas que des combats tombant dans la surenchère et la démesure au fur des épisodes, c’est aussi des personnages forts et charismatiques avec qui on a juste envie de passer du temps. Cette douceur et cette simplicité que le manga nous a refusé, l’anime nous l’offre avec une générosité immense pour nous laisser avec un sentiment de quiétude et de reconnaissance. Le chemin fut long et tumultueux. Beaucoup ont douté, certains ont même abandonné. La lumière était finalement au bout du tunnel et l’on est heureux d’y être arrivé.

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Chasseuse de géants

Chasseuse de géants
2018
Anders Walter

Annoncé en janvier dernier, le film semblait se destiner à être l’un des gros cartons de cet été tant la bande-annonce vendait du rêve. Une ado marginale qui affronte seule des créatures maléfiques, ça pouvait être un bon pitch, d’autant que les héroïnes sont rares. Finalement, après être reparti bredouille du festival de Gérardmer, le film ne s’est jamais doté de date de sortie, et le voilà débarquant directement en vidéo. Un sort à la fois décevant et inquiétant, laissant craindre une moindre qualité qui aurait refroidi les distributeurs. Heureusement, même si le film n’est clairement pas ce qu’on croyait, il n’en est rien.

Vivant avec un grand frère solitaire et une grande sœur (Imogen Poots) qui doit gérer seule la famille et travailler pour subvenir à leurs besoins, Barbara (Madison Wolfe) s’est peu à peu refermée sur elle-même et ne parle plus à personne. Persuadée que le monde cours un grand danger et que des géants sont sur le point d’attaquer son village, elle passe son temps à élaborer des pièges et se préparer pour tuer ceux qui s’approcheraient. Nouvellement arrivée, sa camarade Sophia (Sydney Wade) va essayer de rentrer dans son jeu et devenir son amie. De même, sentant la fracture grandissante entre entre Barbara et les autres, la psychologue scolaire (Zoe Saldana) va elle aussi essayer de lui venir en aide. Mais-est réellement elle qui a besoin d’aide ou est-ce les autres qui ont besoin d’elle pour repousser les assauts des géants ?

Si le film avait, d’après la première campagne marketing, des airs de Jack le chasseur de géants en mode contemporain, il est en réalité bien plus proche d’un Le Secret de Terabithia voir d’un Labyrinthe de Pan. Si le film s’est « vendu » autour des géants et de la confrontation avec eux, il s’agit surtout d’une histoire de drame humain et de comment se construire à l’adolescence quand ses repères s’envolent. Le côté fantastique est donc presque là artificiellement pour aguicher, servant néanmoins de léger suspense quant à la véracité de ce que l’on nous montre, mais la prise de partie est telle que le doute n’est jamais vraiment permis. Fort heureusement, le film n’en avait de toute façon pas besoin tant ses qualités sont nombreuses. En terme de réalisation, le film frise la sans faute entre une photographie magnifique, des plans très esthétiques et lisibles, des mouvements de caméra très doux et de judicieux choix de mise en scène pour bien mettre en valeur les créatures. Pour ce qui est de l’écriture et de l’ambiance, le film est là aussi très bon, jonglant habilement entre légèreté et tragédie, et dressant le portrait de personnages complexes et intéressants. Des protagonistes d’autant plus fascinants et attachant que les actrices (la gente masculine étant quasi absente) sont toutes exemplaires, mention spéciale à la jeune Sydney Wade (rôle sur-mesure puisque son personnage vient de la même ville anglaise que l’actrice, Leeds) qui est assez largement bluffante et dont la carrière future mérite toute notre attention. Le film n’est donc pas le blockbuster épique qu’on pouvait croire, mais une œuvre bien plus intimiste et psychologique, et c’est tant mieux.



À découvrir aussi au format vidéo sur ma chaîne Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=t2EVqHNzicU

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Naruto – La Légende de la pierre de Guelel

Naruto – La Légende de la pierre de Guelel
2005
Hirotsugu Kawasaki

Dès qu’on touche à une histoire de civilisation avancée qui aurait disparu de la surface du globe, mes yeux s’illuminent. De L’Atlantide, l’empire perdu au Château dans le ciel en passant par Voyage vers Agartha, sans oublier la temporalité phare de Chrono Trigger, ces vestiges sont source de fascination, d’émerveillement et d’éveil spirituel. C’est bien simple, même un film aussi foireux que Transformers 5 réussissait à nous emporter en beauté grâce à un dernier tiers exceptionnel. Une formule miracle au potentiel pas toujours si bien exploité, et avec beaucoup de mauvaise volonté ça peut carrément être raté.

Pour cette deuxième – et dernière pour ma part avant Naruto the Last vu le niveau – aventure sur grand écran du plus célèbre de tous les ninjas, le chemin de Naruto, Sakura et Shikamaru va croiser celui de personnages bien étranges. Non pas animés par le chakra, ils vont faire se heurter à guerriers dont l’énergie repose sur une force ancestrale qu’on croyait disparu voir n’ayant jamais existé : les pierres de Guelel. Prêts à tout pour mettre la main sur le gisement premier qui leur octroierait une force considérable, ils prônent un monde sans guerre où leur ordre serait mondial et contrôlerait tout. Seulement derrière leurs idéaux soi-disant pacifiques, la réalité est bien plus sombre…

Sur le papier le film avait un certain potentiel, nous caressant dans le sens du poil en nous vendant de la civilisation antique et en mettant sur le devant de la scène un des personnages préférés des fans : Gaara, accompagné par Kankuro (et Kimari bordel !). Seulement comme pour La Princesse des neiges, tout tourne quasi exclusivement autour de Naruto et des nouveaux protagonistes, les autres faisant de la pure figuration à la limite de l’insulte. Comme pour le premier film, les séquences d’action sont assez pauvres, les personnages semblent très loin de se battre sérieusement, l’animation reste du même niveau – pas ouf – que l’anime et tout se déroule dans une prévisibilité fatigante. On sent dès le début qu’il y a anguille sous roche, que certains méchants sont manipulés et que le grand vilain est bien évidemment le prophète de mes deux. L’aspect mythologique est expédié sans une once de respect et alors que le film fait mine de commencer, on se rend compte qu’on est finalement à quinze minutes de la fin et que le combat final se résume encore à Naruto qui fait un Rasengan et pouf. C’est fainéant comme jamais, encore plus poussif et mou. Cette fois c’est sûr, même les HS sur le riz au curry étaient plus intéressants.

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