Apprentis parents

Apprentis parents
2019
Sean Anders

Loin des grands succès américains qui suffisent à eux seuls à rentabiliser un film, le long métrage peina à atteindre notre territoire, finissant loin du top 10, même lors de la semaine de lancement. Pourtant, entre des critiques plus que correctes et un casting de luxe, le film avait de quoi séduire, mais il faut dire que son thème ne nous touchera pas beaucoup de ce côté de l’Atlantique : les familles d’accueil, apparemment beaucoup plus présentes chez nos amis américains.

Couple quadra très heureux, Pete (Mark Wahlberg) et Ellie (Rose Byrne) vont prendre conscience d’un manque quand la sœur de cette dernière se plaindra au détour d’un dîné de sa difficulté à concevoir un enfant. Seulement trop vieux pour s’y mettre, ils vont se tourner vers l’adoption d’enfants déjà un peu grands, et c’est ainsi qu’ils entendront parler de famille d’adoption pour de pauvres enfants maltraités ou dont les parents se sont vus retirer la garde. Ils vont ainsi tenter leur chance avec une fratrie de deux filles (dont Isabela Moner) et un garçon.

Être parent n’est pas donné à tout le monde, et c’est en enfonçant les pieds dans le plat que le film traitera son sujet. Une avalanche de clichés à bases de parents maladroits et dépassés face à de turbulents enfants ne cherchant en réalité qu’à trouver leur place dans un monde qui n’a eu de cesse que de les rejeter. Pas forcément passionnant sur le papier, le film a au moins le mérite de le faire plutôt bien, évitant les lourdeurs habituelles et arrivant presque parfois à susciter l’émotion. Alors certes, on pourra pester sur l’adolescente qui peine à évoluer, mais elle reste adorable. De même, la paternité semble trop facile, le couple étant beaucoup trop doué d’instinct, mais soit. Le côté américain un peu trop démonstratif et exacerbé pourra ennuyer, mais pour peu qu’on cherche un bon divertissement familial avec un bon message, voilà une proposition solide.

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Chamboultout

Chamboultout
2019
Eric Lavaine

La com n’est pas l’un des meilleurs apanages français. Qui miserait un seul billet sur un titre comme Chambouletout ? Honnêtement pas moi. Et j’ai d’ailleurs largement esquivé la sortie, car si José Garcia a toujours une grande place dans mon cœur, il n’est plus l’immense acteur comique enchaînant les succès. Même si sa comparse et compagne à l’écran a eu plus de chance en tête d’affiche dernièrement, pas sûr que j’aurais vu ce film s’il n’était pas proposé dans mon vol pour New-York.

Écrivaine attaquant son premier livre, on suit Béatrice (Alexandra Lamy), racontant de façon thérapeutique comment sa vie a basculée suite à un accident. Il y a cinq ans, un accident de scooter plongea Fred (José Garcia), son mari, dans un profond coma durant plus de quatre mois. À son réveil, il n’était plus tout à fait le même, privé de sa mémoire à court terme, de sa vue et de sa capacité érectile. À l’occasion de la sortie du livre, l’entourage du couple (Anne Marivin, Michaël Youn, Michel Vuillermoz, Anne Girouard, Medi Sadoun) va se réunir, confrontant leurs ressentis sur cette expérience.

Il est de bon ton de parler de handicap, et mieux vaut en rire qu’en pleurer. N’essayant pas vraiment d’en tirer son potentiel dramatique, le film concentrera donc son histoire sur certains éléments comiques, notamment les deux nouveaux traits de personnalité que Fred développera suite à son réveil : la passion pour la bouffe et son incapacité à ne pas dire instantanément tout ce qui lui passe par la tête. Deux comiques de situation et de répétitions, et le résultat est très convaincant. Rien de bien fifou, mais entre le casting l’histoire qui se suit, on passe un bon moment. Mieux vaut ne pas avoir trop d’attente, mais ça suffira pour une petite soirée sympathique.

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Frost / Nixon, l’heure de vérité

Frost / Nixon, l’heure de vérité
2009
Ron Howard

Voilà un film qui devait être une petite pépite à côté de laquelle j’étais passé. Adaptée d’une pièce de théâtre à succès qui s’est exportée sur plusieurs continents et qui s’est jouée pendant près de deux ans, voici son adaptation en film, avec toujours les deux comédiens principaux de la pièce de théâtre, le tout épaulé par d’autres acteurs non moins prestigieux (Sam Rockwell, Kevin Bacon, Matthew MacFadyen, Toby Jones et Rebecca Hall). Le film fut à son tour acclamé par les critiques, il fut nominé dans toutes les catégories les plus prestigieuses des Oscars, et pourtant on pouvait sentir la demie-molle : malgré tout ça le film n’obtint aucun prix et fut même un gros échec commercial, ne récoltant que 27 M$ dans le monde, avec par exemple largement moins de cent mille entrées en France.

Pour ceux qui n’y connaissant rien sur l’histoire des Etats-Unis, Richard Nixon (Frank Langella) marqua l’histoire en se trouvant au cœur de l’un des plus gros scandales politique du siècle dernier : le Watergate. En résulta un fait historique qui n’avait et n’aura jamais plus lieu : la démission en cours de mandat d’un président des Etats-Unis. Le film se concentrera sur un événement qui aura lieu deux ans plus tard, en 1977, à savoir l’interview télévisuelle entre le présentateur play-boy britannique David Frost (Michael Sheen) et le président en disgrâce Richard Nixon.

Dès le début du film, une première déception se fait sentir. Pour nous autres français, entre ceux qui ne s’en rappellent pas, et surtout ceux qui sont nés après, le Watergate nous évoque effectivement une histoire de scandale, mais tout juste le film nous dira t-il qu’il s’agissait d’écoutes illégales, touchant notamment des opposants politiques, et que le président, sans forcément en être la tête pensante, avait apparemment cautionné le tout. D’autres sources affirment pourtant que tout cela n’était que pure machination contre le président, qui aurait accepté de porter le chapeau pour sauver sa vie car des menaces de mort étaient pesantes. Bref, tout ce qui entourera l’affaire du Watergate sera plus minimaliste qu’un tweet d’antan limité aux 140 caractères. On espérait alors un combat d’orateurs exceptionnels pour une interview incroyable, il n’en sera rien. Malgré les prestations impeccables des acteurs, le constat est amer : David Frost a flairé le bon coup, et même s’il a faillit tout perdre, il n’y avait pas d’autres démarches que l’appât du gain de son côté. Il s’avère être en plus un assez médiocre, pour ne pas dire lamentable journaliste, balayé par un président habitué à recracher les mensonges qu’on lui a soufflé. La grâce de Ford ne sera pas effacée, l’interview ne prêtera pas à conséquence, et malgré quelques passages sous haute tension et l’intérêt que suscite la mise en place de tout ça, on se sent un peu floué. Le film fait comme s’il mettait en scène un moment clé de notre histoire qui changea le monde à jamais, mais ce n’est absolument pas le cas. On en ressort même en se disant que le Watergate était une affaire mineure sans intérêt. Difficile de se sentir concerné, le film échoue à nous prouver sa portée, donc sans être mauvais, il peine à se justifier.

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Tanguy, le retour

Tanguy, le retour
2019
Étienne Chatiliez

Quand une comédie cartonne à ce point, la question n’est pas de savoir si une suite se fera, mais quand. Dix-huit ans plus tard, il était grand temps de capitaliser dessus après trois cuisants échecs critiques et commerciaux pour son réalisateur (à se demander comment cet homme mange en étant si peu actif et surtout à ce point non rentable). Arnaque très bancale qui ne tenait pas ses promesses, Tanguy revient donc. Vu le niveau des suites de comédies populaire en France, le pire était à craindre.

Tanguy un jour, Tanguy toujours ? Alors qu’il vivait heureux avec sa nouvelle famille en Chine depuis maintenant 16 ans, Tanguy (Eric Berger) va débarquer un beau jour chez ses parents (Sabine Azéma et André Dussollier) avec sa fille sous le bras. La raison ? Sa femme l’a quitté pour un autre, et ce dernier, anéanti, vient chercher le réconfort dont il a besoin auprès du foyer dans lequel il se sentait si bien. Compatissants, ses parents vont bien évidemment l’épauler, mais à force de trop le mettre comme en coq en pâte et de le voir s’y complaire, leur vieille hantise va revenir : et s’il ne partait plus jamais ?

Le film a le mérite de partir sur une idée crédible, celle du mariage qui tombe à l’eau. On sait très bien comment les choses vont tourner, on a donc hâte de rentrer dans le vif du sujet, mais c’est la douche froide. Sur 1h30 de film, on mettra pas moins de 40 minutes à installer la situation, une aberration. Au moins le film va un peu plus loin que le premier dans l’humour, arrivant presque à nous surprendre et à nous décrocher un franc rire. Seulement même une fois le film démarré, le rythme est tout simplement catastrophique, certains passages plombant l’ambiance ou ne servant à rien. On aurait pu espérer que les années permettent au réalisateur de diriger un peu mieux ses acteurs, mais il n’en est rien. Non seulement tout le monde cabotine, mais l’ex femme bat même des records et se trouve peut-être être la pire actrice depuis l’invention du cinéma. Une petite pensée tout de même pour un excellent acteur à la carrière indigne qui remplace ici le meilleur ami de Tanguy, Gaspard Proust. La fin canalise tous les points forts et défauts du film : un humour un peu épicé, quelques surprises et bonnes idées, mais plombé par un rythme terrible et des acteurs lamentables. Sans surprises, le film ne vole pas très haut, mais au moins il ne vole pas spécialement plus bas que l’original.

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Tanguy

Tanguy
2001
Étienne Chatiliez

C’était il y a pratiquement deux décennies, un film si populaire qu’il est désormais devenu une expression, hissant son héros au rang de culte si imposant qu’il est devenu nom commun dans le dictionnaire, rendant un prénom totalement impossible à porter. Un sacré carton avec quatre millions d’entrées, qui a explosé par la suite tant le film est un habitué des grilles de programmation à la télé. Il n’est donc pas étonnant, après une succession d’échecs retentissants, notamment au près des critiques, de voir le réalisateur y revenir 18 ans après, mais place donc à ce premier film qui aura marqué un pays entier.

Dans un monde de plus en plus froid et austère, un phénomène inexplicable continue inlassablement à avoir lieu : symbole d’un amour si important qu’il a engendré la vie, l’enfant est pourtant poussé à quitter le nid (à moins d’être dans une famille où il faille à minima trouver un travail à 200 km du foyer pour pouvoir le quitter). À moins de quitter ses parents pour des études trop lointaines, avec en moyenne cinq ans passées à étudier après un bac obtenu en moyenne à 18-19 ans, un français quitte son foyer vers 23-24 ans, mais plutôt deux ans plus jeune à l’époque. Allant sur ses 29, Tanguy (Eric Berger) est donc ce qu’on appelle un retardataire, fier de l’être qui plus est vu le luxe et le confort de l’appartement familial. Finissant son doctorat à la fin de l’année scolaire, son départ semblait proche, mais à l’annonce du report de sa thèse d’un an et demi, l’amenant à l’âge symbolique de 30 ans, ses parents (Sabine Azéma et André Dussollier) vont craquer. Cette fois c’est décidé : ils vont tout faire pour le pousser à partir.

Difficile de croire avec le recul que le film a pu avoir un tel impact. Alors oui, dans l’absolue l’idée du film est très amusante : un enfant roi qui abuse et des parents à bout prêts à tout pour s’en débarrasser. Malheureusement, les acteurs (comprenant pourtant aussi Jean-Paul Rouve) ne sont pas très bons et le film a vite des allures de pétard mouillé. Avec une telle naïveté doublée d’une connerie ahurissante, le Tanguy sonne tout simplement creux, l’imagination des parents trouve d’emblée ses limites, puis le film étire le tout dans une redondance accablante, le tout saupoudré par un grand-guignolesque exacerbé, massacrant toute notion de cohérence. On sourira à l’occasion, mais on aura constamment l’impression que le film passe à côté de son sujet, incapable d’en tirer tout le ressort comique et échouant à créer le moindre enjeu. Le film n’avait pourtant que deux choses à faire : nous faire comprendre pourquoi Tanguy veut à ce point rester, et pourquoi ces parents ne peuvent plus vivre avec lui. Quand même l’idée de base n’est pas traitée correctement, tout est dit.

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Alita : Battle Angel

Alita : Battle Angel
2019
Robert Rodriguez

Arlésienne que James Cameron a traîné pendant près de trente ans, le film a attendu que la technologie permette de donner vie à une créature numérique comme si c’était un humain à part entière. Il est vrai que jusqu’à présent, il s’agissait soit de vrais robots (aux interactions donc limitées), soit d’images de synthèse, et avec le photo-réalisme les prouesses en la matière n’ont cessé de croître. En réalité le film aurait pu largement se faire il y a dix ans vu les gestions des doublures numériques dans les films de super-héros qui font bien illusion, mais il fallait bien trouver une excuse. Le créateur d’Avatar, trop occupé avec des suites qui se font attendre depuis une décennie, a cette fois laissé le fauteuil de maître à son ami Robert Rodriguez, habitué de films cons, soit dans le sens pour enfants, soit dans le sens improbable et trash, seul Sin City avait su se démarquer, comme un accident de parcours. Pas forcément très rassurant, d’autant que je ne connais pas du tout le manga dont est tiré le film : Gunnm.

L’histoire se déroule dans un futur post-apocalyptique où, suite à guerre contre une race extraterrestre, l’immense empire terrien s’est effondré. Jadis peuplé d’immenses cités volantes, il n’en reste désormais plus qu’une sur Terre, regroupant toute l’élite du monde, laissant le reste de la population moisir dans les ruines de l’ancien monde, au pied de la cité volante. Réparateur en robotique spécialisé dans la greffe de transhumanisme, le docteur Dyson (Christoph Waltz) va un jour tombé sur un spécimen très particulier en fouillant la décharge à ciel ouvert d’où tombe les détritus de ceux d’en haut : le tronc cérébral encore fonctionnel d’un model de droïde datant de l’apogée de l’humanité, il y a trois cent ans avant la guerre. Il lui donnera alors le corps robotique et le nom de sa fille décédée, Alita (Rosa Salazar).

Le transhumanisme et la séparation des classes sont deux grands classiques de la science-fiction, la question était donc de savoir comment le film allait le traiter. Pour traiter de la nature de la vie elle-même, on devra se contenter d’une amourette d’ados avec un bad boy lambda (Keean Johnson) et d’un docteur qui joue au papa, loin d’Un homme bicentenaire ou d’Eva. Quid de la lutte des classes ? Difficile à dire, il s’agit d’un premier volet qui ne fait qu’effleurer la surface, ne montrant ni la ville de dessus ni ses habitants, en dehors de Nova (Edward Norton). On devra se contenter de sous-fifres (Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Ed Skrein, Jackie Earle Haley) exécutant les ordres, mettant juste l’accent sur la soumission des pauvres et la futilité des rêves d’ascension. Et si la réalisation est excellente, la photo très belle et les effets spéciaux excellents (sauf le gros robot et quelque autres larbins qui manquent d’inspiration), la simplicité du scénario passe mal. Le film mise trop sur le grand spectacle avec notamment le sport à la Rollerball, et pas assez sur la richesse de son univers, car clairement il l’est. Dès qu’on sort de la ville, entre les ruines et les épaves d’une technologie oubliée, et puis surtout cette grande guerre et le fameux ennemi d’une autre planète, on sent qu’il y aurait tellement à creuser. Et c’est là que le bat blesse : on passe à côté d’une telle richesse pour une histoire si anecdotique. Le film est un excellent divertissement et le personnage d’Alita est effectivement troublant et attachant, mais à l’image de leur version d’Iron City pleine de couleurs et de vie, tout est beaucoup trop lissé. Avec seulement 404 M$ au box-office (à peine 300 en prenant en compte que le studio ne perçoit qu’un quart des revenus chinois se hissant à 133 M$) et un coût de base de 170 M$ (soit à minima 250 M$ avec les frais marketing), il est pratiquement certain que Disney, désormais propriétaire de la Fox et donc du film et de ses droits, ne permettra pas aux deux suites de voir le jour, à moins que la suite d’Avatar ne fracasse tout en décembre 2021 (sauf si énième report) et que James Cameron en profite pour faire pression, permettant possiblement une mise en chantier en 2022 pour une sortie en 2024. Beaucoup d’incertitudes, et probablement qu’il vaudrait mieux se tourner vers le manga, en espérant tout de même un miracle tant le potentiel est énorme.

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LOST

Lost
2004-2010
Jeffrey Lieber, J. J. Abrams & Damon Lindelof

Démarrée le 22 septembre 2004, Lost est devenue quasi instantanément une série culte qui continue de faire parler d’elle pratiquement une décennie après sa fin. Dans une ère de l’immédiat et du consumérisme exacerbé, c’est une performance qu’on se doit de saluer. Si à partir de la saison 4 les audiences n’ont cesser de baisser, au point de passer de 24 millions de spectateurs au lancement de la seconde saison, à quelques épisodes en dessous de la barre des dix aux Etats-Unis, la série n’en reste pas moins un tout, avec ses hauts et ses bas, et le chemin parcouru est juste incroyable. Il fallait donc y revenir, pour retrouver ces personnages qu’on a tant aimé, cette île qui nous a tant fait théoriser, cette fin qui m’a tant bouleversé. Parce que cette série nous a tous marqué à jamais, il était temps de lui crier tout mon amour.

Pilote de série le plus cher de l’histoire à sa sortie avec vingt millions de dollars pour le double épisode de présentation, la série était un gros pari puisque ayant composé son casting d’inconnus à l’époque, la plupart n’ayant eu que de petits rôles à la télévision ou au cinéma avant la série, qui a permis de faire décoller quelques carrières, mais pas assez vu les prestations incroyables de certains. Le concept même de la série était certes difficile à vendre : un vol s’écrase sur une île « déserte », et on y suit les rescapés du fameux vol Ocanic 815 reliant Sydney à Los Angeles. C’était donc un double pari : rendre une île suffisamment mystérieuse pour qu’on veuille en percer les mystères, et créer des personnages suffisamment bien écrit pour que chacune de leurs histoires nous emporte. Si chacun aura son préféré (quoique j’ai dû mal à concevoir que ça puisse être quelqu’un d’autre que Desmond), il faut bien dire que c’est une franche réussite. Pour nous conter cette aventure sur l’île, en dehors du double pilote et des trois derniers épisodes centrés sur le crash et les quelques instants avant, la série se construit sur une double narration, celle du récit au présent, et les flashbacks sur la vie avant crash de chacun.

Ainsi, les deux personnages les plus mis en avant de la saison 1 sont Kate Austin (Evangeline Lilly), dont on suivra la fugue durant les épisodes 3, 12 et 22 ; et Jack Shephard (Matthew Fox), le docteur/héros qui prendra vite la tête des rescapés et dont la quête initiatique sera mise en parallèle avec son passé de chirurgien durant les épisodes 5, 11 et 20. Personnage ambiguë et mystérieux dont la paralysie s’est envolée une fois sur l’île, John Locke (Terry O’Quinn) fera parti des piliers de la série, cherchant inlassablement le but de toute chose et voulant percer chaque mystère de la vie. Une force de conviction qui tranche radicalement avec la violence de sa vie, dépeinte lors des épisodes 4 et 19. Viennent ensuite Sun (Yunjin Kim) et Jin Kwon (Daniel Dae Kim), le couple sud-coréen, quelque peu en froid à cause du travail de Jin, obligé de travailler comme truand pour le mafieux de père de sa femme, condition sinéquanone à leur mariage. En retrait dû à la barrière de la langue, même si Sun parle anglais (mais comme son mari ne le sais pas, elle le cache), il faudra attendre les épisodes 6 et 17 pour apprendre à un peu les connaître et comprendre le contexte. Rock-star has-been et junkie, Charlie Pace (Dominic Monaghan) fait aussi parti des éléments centraux de l’histoire, mis en avant lors des épisodes 7 et 15, bien que constamment mit sur la touche et dont l’histoire avec Claire (Emilie de Ravin) n’aura de cesse que de vaciller, au point de rester à jamais un amour non consommé. Cette dernière, dont la grossesse servira à faire monter la pression autour des mystères de l’île et son supposé statut désertique, nous montrera les éléments troublant qui l’auront conduit à ce vol lors du dixième épisode. Bad guy beau et ténébreux au lourd passif, James ‘Sawyer’ Ford (Josh Holloway) nous montrera à son tour son passé loin d’être joyeux, d’orphelin traumatisé à arnaqueur marchant sur les pas de son Némésis, et ce lors des épisodes 8 et 16. Personnage tout aussi torturé, Sayid Jarrah (Naveen Andrews) dévoilera son histoire d’interrogateur dans la garde républicaine irakienne durant le 9° et 22° épisode de cette première saison. Personnage plus tertiaire, Boone Carlyle (Ian Somerhalder), aura pourtant le droit à un épisode centré sur lui, le numéro 13, un chiffre qui ne lui portera pas bonheur comme le prouvera l’épisode 20. Outre son histoire avec sa sœur adoptive (re-mariage) Shannon (Maggie Grace), il sera surtout le valet de Locke, le suivant dans sa quête des mystères de l’île. Avant-dernier personnage important de cette première saison, Michael Dawson (Harold Perrineau) est probablement l’un des moins intéressants, n’étant là que pour s’embrouiller avec tout le monde à cause de son sentiment perpétuel de persécution et d’abandon, vaguement expliqué lors de l’épisode 14. Vient alors enfin Hugo ‘Hurley’ Reyes (Jorge Garcia), qui nous fera languir jusqu’à l’épisode 18 avant de nous raconter son gain substantiel au loto et sa rencontre avec la fameuse suite de nombre 4 8 15 16 23 42.

Sorte de mise en bouche, la saison 1 est surtout là pour poser les bases de la série et ouvrir de nombreuses portes à développer par la suite. Avec pratiquement 50 passagers et une dizaine de personnages vraiment développés, il faut nous laisser le temps de nous habituer à chacun et de créer une certaine affecte avant de potentiellement commencer à les confronter à un quelconque danger, qui n’arrive donc qu’après une dizaine d’épisodes. Le principe des flashbacks est d’autant plus intéressant qu’il s’agit là aussi d’une des fameuses « boîtes » du créateur J.J. Abrams, dont le principe est de développer l’univers tout en amenant encore plus d’interrogations. Par exemple, on n’apprendra comment Locke s’est brisé le dos qu’en milieu de saison 3 ! Ainsi, on en apprend plus sur les personnages tout en apprenant à chaque fois qu’il y’a tellement plus à découvrir, donnant envie de voir la suite, d’autant qu’en plus des histoire de chacun, il y a cette fameuse île. Découverte dès l’épisode 11, la trappe ne sera ouverte qu’à la toute fin de la saison, soit l’épisode 25, faisant languir le spectateur une année entière pour découvrir le fameux compte à rebours et l’homme le plus classe du monde. Entre les histoires en suspens et les mystères grandissants, la première saison est donc une parfaite réussite, développant des personnages charismatiques et intéressants, plongés dans une plus grande histoire qui a tant à nous dire. La diversité de lieux (la plage, la grotte, la jungle, le bunker), de personnages et la double narration mettant en parallèle le présent et le passé de chacun est brillant, reste le rythme un peu mou et des personnages en deçà ou sous-exploités (Hurley, Charlie et Sawyer vraiment trop en retrait).

Saison 1 :

La saison 2 démarre sur les chapeaux de roues : alors que l’ouverture de la trappe venait d’exploser, le radeau envoyé chercher du secours, avec Jin, Sawyer, Michael et son fils, avait rencontré « les autres », kidnappant le gosse et laissant les autres pour morts à dériver sur des morceaux de bois pulvérisés à coup de grenade. La tension était à son comble et l’ouverture ne déçoit pas, montrant non seulement que la trappe était habitée par le futur mythique Desmond (Henry Ian Cusick), mais qu’en plus les passagers de la queue manquante de l’avion Oceanic 815 avaient survécu ! Vu leurs importances ça n’était pas une surprise, mais les membres du radeau ont eux aussi survécu et vont échouer sur l’autre côté de l’île, là où s’était crashé l’autre partie de leur avion. Pendant que Jack, Locke, Hurley et Kate vont découvrir la trappe et le fameux bouton à presser toutes les 108 minutes en entrant le code 4 8 15 16 23 42, sans quoi cela provoquerait la fin du monde, on suivra donc en parallèle la poignée de survivants de l’autre moitié (Libby, qui sera la love interest de Hugo, Ana-Lucia (Michelle Rodriguez), une ex flic, Mr Eko (Adewale Akinnuoye-Agbaje), un religieux anciennement dealer, Bernard, le mari de Rose de l’autre côte de l’île, et l’hôtesse de l’air), décidant de rejoindre l’autre côté de l’île, moins austère. Deux arcs qu’on avait hâte de voir se recouper, mais la série fera là aussi preuve d’une lenteur certaine, prenant pas moins de huit épisodes.

Mettant plus de temps à démarrer étrangement, cette seconde saison est néanmoins particulièrement riche en histoire, introduisant les stations Dharma et les « autres », et si sur les cinq rescapés de la queue (arrivée retracé dans le septième épisode) trois vont plus ou moins quitter la série, ce qui sera un sacré soulagement pour Ana-Lucia, le personnage de Mr Eko sera une excellente surprise, se positionnant comme le pendant religieux de John Locke. Vu brièvement dans les premiers épisodes, il faudra attendre le double épisode final de la saison pour que Desmond commence à nous éblouir, surtout dans l’épisode 24, le précédent nous racontant sa mésaventure sur l’île qu’on s’imaginait déjà bien. La répartition des flashbacks par personnages est ici plus équilibrée avec deux épisodes consacrés à Jack (1 et 11), pareil pour Locke (3 et 17), Hurley (4 et 18), Sun et Jin (5 et 16), Ana-Lucia (8 et 20) et Mr Eko (10 et 21). Lourde chute donc pour Kate, qui passe de trois à un seul flashback (épisode 9) ; Sawyer, Sayid et Charlie sont aussi en retrait avec un épisode chacun (13, 14 et 12 respectivement) ; tandis que Michael stagne à un épisode (2). Reste deux anciens qu’on présente enfin : Shannon (épisode 6, qui scellera son destin), ainsi que Rose – et Bernard du coup – pour un épisode 19 étonnamment intéressant. Les épisodes 15 et 22 sur des événements passés sur l’île pour Claire et Michael ne comptant pas vraiment. Reste un autre grand futur personnage présenté lors de l’épisode 14 et qui restera près de dix épisodes enfermé dans le bunker : Benjamin Linus (Michael Emerson), qui n’est autre que le chef des autres. Un personnage aussi fourbe qu’inquiétant, sur qui reposera beaucoup de tension et d’enjeux. Le double épisode final centré sur Desmond, la confrontation avec les autres et le bunker, est juste magistral, loin de se douter de la claque monumentale qui allait suivre le fameux tournage de clé.

Saison 2 : 

Décidément très forte pour créer un suspense insoutenable en fin de saison, la série avait frappé encore plus fort : cette fois ce n’est pas la porte de la trappe, mais le bunker entier qui a explosé, laissant planer le doute sur le sort de certains personnages centraux, tandis que les plus importants, Jack, Kate et Sawyer, ont été livré aux autres par le nouvel ennemi public numéro un qui a tué Ana-Lucia, Lybie et sacrifié trois de ses amis pour s’enfuir de l’île avec son fils, Michael. Ça y est, les premiers épisodes nous confrontent enfin avec les autres, dont le chef Benjamin Linus souffre d’une tumeur sur la colonne vertébrale, et c’est pour cela qu’il a capturé Jack et ses amis. Lui parce qu’il est chirurgien spécialisé sur ce domaine, et ses amis pour avoir un moyen de pression sur lui. Un bras de fer psychologique entre Ben et le monde qu’il manipule. Un jeu de dupe palpitant avec en parallèle la romance Kate / Sawyer qui atteint enfin un nouveau niveau, et le coup du pacemaker en marquera plus d’un. Un séjour à la station de l’hydre qui permettra d’introduire un nouveau personnage à l’importance cruciale : Juliet Burke (Elizabeth Mitchell).

L’autre partie de l’intrigue est malheureusement un peu moins intéressante. Tout un épisode tourne autour du sauvetage de Mr Eko, mais ce dernier est pourtant tué deux épisodes plus loin, rebroussant chemin sur toute son évolution psychologique et balayant tout acte de repentance. Apparemment des problèmes entre l’acteur et la production… De même, l’épisode 14 sur Nikki et Paolo est un bel exemple de perte de temps, inutile au possible. Le scission entre Jack et Locke est décevante, l’un manquant de recul et l’autre ne sachant absolument pas ce qu’il fait, arborant pourtant une arrogance parfois saoulante. L’origine de cette discorde ? La possibilité de quitter l’île avec un bateau arrivant vers eux, mais leurs intentions semblant plus obscures qu’il ne veuillent bien l’avouer. On pourrait avoir tendance à dire que cette saison est un peu en dessous des deux premières, mais la première partie avec les autres est vraiment palpitante, et le grand sauveur de la série va frapper très très lourd lors du huitième épisode : Desmond. Comment a-t-il survécu à l’explosion de la trappe ? Que s’est-il passé ? Pourquoi voit-il Charlie mourir sans cesse ? Durant l’un des tout meilleurs épisodes de la série, on revisitera le passé de Desmond de façon brillante : sonné par la décharge electro-magnétique de l’auto-destruction, il va se retrouver projeté astralement dans son corps passé, revivant alors un tournant dans sa vie avec une sensation de déjà-vu, persuadé – à juste titre – de refaire les mêmes erreurs. Un tour de force émotionnel et psychologique, porté par un acteur époustouflant livrant une prestation qui marquera à jamais les esprits, et l’occasion de voir enfin ce si bel amour avec Penny (Sonya Walger), la fille de cette grande menace de l’ombre : Charles Widmore (Alan Dale).

Comme pour chaque saison, on finira par un énorme twist d’une toute nouvelle nature : de l’auto-spoiler. Trompant le spectateur avec sa forme de flashbacks sur Jack, les deux derniers épisodes montrent en réalité des flashforwards, c’est à dire des événements se déroulant dans le futur, divulguant donc qu’à minima Jack et Kate quitteront l’île. On dira aussi au revoir à Charlie, malmené tout du long et qui n’aura jamais pu connaître le bonheur avec Claire, se sacrifiant pour rétablir les connexions (alors même que Desmond se sera trompé sur sa vision, ce ne sera pas Claire qui portera Aaron dans l’hélicoptère). On terminera pour cette saison sur un petit tour présentiel, avec le retour écrasant au premier plan de Jack, comptant pas moins de quatre épisodes centrés sur lui (1, 9, 22 et 23). Il sera suivi de très loin par une pléthore récoltant deux épisodes dédiés : Sun et Jin (2 et 18), Locke (3 et 13, avec enfin l’explication sur son handicap), Kate (6 et 15), Juliet (7 et 16), et  Desmond (8 et 17). Viennent alors Mr Eko (5) et Charlie (21) qui auront droit à un dernier tour de piste pour les accompagner dans la tombe. Ben aura droit à son tout premier flashback lors du 20° épisode, tandis que Sawyer (4), Hurley (10), Sayid (11) et Claire (12) auront droit à un petit épisode chacun.

Saison 3 :

Pour ceux qui s’en souviennent, l’année de la quatrième fut la fameuse année de la grève des scénaristes. Si heureusement cette grève ne s’est pas soldée par des scénarios écrits à la truelle, cela a eu pour effet de raccourcir drastiquement le nombre d’épisodes. Oscillant entre 23 et 25 lors des trois premières saisons, le total d’épisodes passe ici à 14, et c’est probablement ce qui a en partie sauvé la saison. On ne va pas se mentir, dévoiler une sortie de l’île était une très mauvaise idée, et cette saison va s’y enfoncer un peu plus en dévoilant très vite la liste des « Oceanic Six », c’est à dire les « six survivants » du vol Oceanic 815. Certes, on a alors le suspend de comment et pourquoi, et que sont devenus véritablement les autres, mais la série va un peu trop s’y embourber, et avec le recul cela n’aura pas apporté grand chose.

Parmi les grandes nouveautés de cette saison, il y a bien sûr l’équipage de Charles Widmore, que ce soit le mercenaire Keamy Martin (Kevin Durand) de 1m98 et plus musclé qu’une statue grecque, ou l’équipage de l’hélicoptère scientifique envoyé en reconnaissance, avec à son bord le pilote Frank Lapidus (Jeff Fahey), l’archéologue Charlotte Lewis (Rebecca Mader), le physicien Daniel Farradey (Jeremy Davis) ou encore l’homme qui parle aux morts, Miles Straumes (Ken Leung). Si on ne les appréciera pas forcément tout de suite, ils seront au final très intéressants, surtout Farradey dont l’interprétation à fleur de peau est incroyable. On suivra donc un Jack à la dérive, enchaînant toutes les pires décisions, un Locke à l’abandon, dépassé par Ben, avec en parallèle les gentils du cargo, et les militaires venus faire place nette.

En dehors de trois épisodes sur l’arrivée de Juliet sur l’île (épisode 6), la chute aux enfers de Michael qui le conduira à nouveau sur l’île (épisode 3) et un brin d’histoire sur Locke (épisode 11), le reste des épisodes raconteront en parallèle des altercations sur l’île les vies après avoir quitté les lieux pour Hurley (épisode 1), Sayid (3), Kate (4), Sun (7) et Jack (10), avec aussi un résident de l’île non compris dans les six (avec Aaron) : Ben (9), qui devra lui aussi quitter l’île. Les nouveaux sont bons et la double narration marche toujours très bien (le piège de l’épisode 7 est excellent), faisant que la cuvée est toujours de grande qualité, mais encore une fois, ce qui sauve la série d’une baisse d’intérêt est le légendaire Desmond, nous offrant ce qui est peut-être le meilleur épisode toutes séries confondues de toute l’histoire : l’épisode 5. En plein déphasage, il subira des sauts temporels pour ce qui se présente comme un moyen-métrage d’enquête / science-fiction à part entière à la recherche d’une constance. Le montage et la réalisation sont incroyables, le jeu d’acteur est ahurissant et le résultat est une claque sans commune mesure. L’un des plus grands moments de l’histoire de la télévision et des arts audio-visuels en général.

Saison 4 :

Si certains ont fini par décrocher, on tient probablement ici la saison qui en est responsable. Déjà annoncé par Jack lui-même lors du final de la saison 3 dans un flashforward : they have to go back (ils doivent y retourner). Or il aura fallut attendre la fin de la saison 4 pour qu’ils quittent l’île sur laquelle ils doivent y retourner, et ce sera tout l’enjeu de cette avant-dernière saison : y retourner. Comme le présent a rattrapé les flashforwards, on suivra donc en parallèle la vie des Oceanic Six et la survie des rescapés de l’île, Ben ayant fait « dérailler » l’île en la déplaçant dans l’espace, perturbant son axe dans le temps, et ce jusqu’à ce Locke déplace à son tour l’île comme il devait le faire. On perd ainsi le principe même de la série : mettre en parallèle des événements d’un autre temps (passés ou futurs avec la saison 4) avec l’action cours. La double narration est laissée de côté durant les neuf premiers épisodes, reprenant quand tout le monde se retrouve sur l’île.

Et c’est là l’un des plus gros raté de la série : le passage en ville fut inutile, Locke est mort pour rien, on ne verra jamais vraiment la vie au village Dharma, et deux des meilleurs personnages de la série se sont progressivement perdus. Le virage aura surtout été fin saison 3-saison 4 pour Jack et Locke, se vautrant dans de mauvais choix jusqu’à en devenir aigris, détruits. Plus qu’une ombre serait-on tenté de dire pour Locke, d’autant – et c’est un des choix les plus douteux – que sa mort restera définitive, sa « résurrection » étant un leurre d’un être dont ne comprendra que plus tard la nature exacte.

Dernière ligne droite oblige, on nous introduit enfin le gardien de l’île, le mystérieux Jacob (Mark Pellegrino). Son arrivée permet une relecture donnant plus de profondeur, mais cette fois l’engouement retombe un peu et il était grand temps de conclure. Durant cette cinquième saison, cinq personnages auront droit à leurs flashback : Sayid, Kate, Ben, Miles et Daniel (dans l’ordre, épisodes 10 à 14). Déjà privé de son amour, Charlotte, ce dernier connaîtra lui aussi une fin prématurée au goût amer, tant elle aurait pu être facilement évitée et n’apporte rien, loin du degré de choc par exemple de l’exécution brutale de la fille de Danielle Rousseau (Mira Furlan), Alex (Tania Raymonde), lors de la saison 4.

Saison 5 :

La dernière saison est de loin la plus difficile à appréhender et à juger tant on y retrouve le pire et le meilleur de la série. Tout en bouclant l’histoire au présent sur l’île, la série nous raconte en parallèle l’histoire de chacun s’il n’y avait pas eu d’île, si leur vol ne s’était pas crashé, incluant donc la sélection dès leur plus jeune âge pour certains par Jacob, influençant certains points de leurs vies. Cette réalité alternative, qui n’en est en fait pas une, est largement plus intéressante que ce qui se passe sur l’île, l’intérêt étant à ce niveau-là en chute libre. Juliet morte, Jack en coquille vide, puis très vite une autre fausse résurrection avec Sayid, simple ombre manipulée par le monstre. Tout le monde part à droite à gauche, les convictions s’envolent, Hugo prend malgré lui une part importante (puis centrale même) et on se perd entre les protecteurs de l’île qui meurent sans jamais n’avoir rien fait (la caricature d’asiatique qui préfère parler japonais par snobisme est insupportable à jouer les mystérieux et semer le trouble de façon contre-productive). Le rôle de Jacob y est aussi complètement anodin, tout juste apprend t-on lors de l’épisode 15 sur ses origines que la créature n’est pas son frère, qu’il a tué, mais la matérialisation de ses souvenirs et de sa colère, se nourrissant de la rancœur des morts en prenant leur mémoire et copiant leur corps.

Si la conclusion sur l’île est en grande partie satisfaisante entre le sauvetage de Desmond, crime impardonnable que de l’avoir obligé à revenir, mais heureusement il retrouvera Penny et son fils, et les survivants partant dans l’avion, permettant à Claire de retrouver Aaron, on ne peut s’empêcher de se dire que Widmore et son équipe n’ont servi à rien, de même que les protecteurs. Certaines morts ont été scandaleuse comme le couple Kwon qui méritait tellement de retrouver leur fille, et même si la symbolique autour de Jack avec Vincent se couchant à ses côtés est magnifique, c’est lui qui aurait dû monter dans l’avion avec Kate, permettant à son rêve de paternité (Dylan Minnette) de devenir réalité. On regrettera aussi l’impact inexistant de Richard (Nestor Carbonell), homme de l’ombre de la série dont l’épisode sur son passé (9) est excellent, permettant enfin à Hugo de tirer pleinement parti de son pouvoir, clairement sous exploité aux vues de cette dernière saison.

Vient alors cette réalité alternative où le vol ne s’est pas écrasé sur l’île, permettant de développer de nouvelles histoires amusantes et touchantes où les destins continuent de se recouper. Des passages excellents, mais dans quel but ? Pur fan-service ? Oh que non, et comme toujours la pirouette nous mettant une énorme claque viendra du prodigieux, miraculeux, extraordinaire Desmond, qui découvrira lors d’une expérience de mort imminente la vérité sur cette réalité, bien qu’il ne le comprendra vraiment que plus tard : ça n’est pas une réalité alternative mais le purgatoire. Certains sont morts sur l’île il y a des années comme Boon, Shannon, Lybie ou Charlie, d’autres un peu plus tard comme Charlotte, Daniel, Locke ou Jack, et d’autres ont pu quitter l’île et mener une autre vie après. Il va donc servir de messager, les rappelant à leurs vies passées, car au delà des malheurs et de la mort, la vie sur l’île fut une incroyable expérience pour tous, qui leur permis de découvrir le sens de la vie. Outre les retrouvailles de Desmond et Penny, nombre d’histoires referont surface, certaines simplement belles et fortes comme Hugo/Lybie, Daniel/Charlotte et Sayid/Shannon, d’autres nous mettrons la boule à la gorge comme Kate/Jack et Sun/Jin, tandis que d’autres nous feront ressentir des sentiments bien plus forts, Charlie/Claire et Sawyer/Juliet en tête.

On en regrette presque les passages sur l’île tant en dehors des origines de Richard et Jacob, seule la fin avec la larmoyante scène du chien nous tiendra en haleine. La conclusion de l’aventure est donc un peu en dent de scie, nous donnant l’impression que si l’île n’en a pas fini avec nous, on en avait déjà fini avec elle dès la dernière saison. L’idée du purgatoire est exceptionnelle, le traitement parfait et l’intensité émotionnelle bat des records lors du double épisode final, on regrette juste que tout le monde n’a pas eu la fin qu’il méritait. Sun et Jin morts noyés, Sayid vidé de toute substance et sacrifié dans l’indifférence générale, Locke oublié en chemin, Farradey mort pour rien, Jack ravagé par le chagrin, Hurley et Ben isolés tout le restant de leurs vies et ceux partis dans l’avion dont on ne saura s’ils ont pu avoir un semblant de vie après les événements : tant de points qui en décevront plus d’un. Un adieu loin d’être parfait, mais tout ce qui touche au purgatoire est un chef d’oeuvre d’écriture, brillant récit de destins croisés à l’intensité dramatique et émotionnel éblouissante. Du pur génie qui tutoie les plus hautes sphères de la création.

Saison 6 sur l’île :

Saison 6 purgatoire et fin :

Au passage si quelqu’un avait un remontage de la saison 6 avec exclusivement les passages au purgatoire, il aurait à tout jamais ma reconnaissance éternelle.

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Shazam!

Shazam!
2019
David F. Sandberg

En roue libre totale sur ses adaptations des DC Comics, Warner a voulu stopper tous les projets en cours suite à « l’échec » de Justice League, mais il en restait encore quelques-uns en cours, et depuis le studio a fait semi-marche-arrière en relançant des projets annexes qui n’ont plus vocation à créer un univers étendu. Un bordel sans-nom dans lequel ce film a accouché dans la douleur, subissant de lourdes baisses de budget, et il n’y avait plus rien à espérer. Heureusement, grâce à son budget de 100 M$ qui n’avait plus rien de super-héroïque, le faible score de 364 M$ au box-office mondial apparu comme un succès, alors même que le très moyen Aquaman triplait aisément ce score. Étron ? Film déjà oublié ? Divertissement honnête ? Régal d’action ? Excellente comédie ? Bof…

Revisitant la mythologie, le film introduit la magie dans l’univers des héros DC. Sentant son heure arriver et ayant vu le pouvoir des péchés capitaux prendre racine en la personne de Thaddeus (Mark Strong), le grand sorcier (Djimon Hounsou) va choisir par dépit un jeune adolescent, Billy (Asher Angel), pour recevoir ses pouvoirs de Shazam (Zachary Levi), être rendu surpuissant par la magie.

Les sept péchés capitaux, de la magie, des ados qui se transforment en adultes, des démons et des dieux grecques : on dirait un délire de mec bourré, et c’est au spectateur de décuver devant ce scénario navrant. La mise en scène de l’intro passe à peu près, permettant d’un tant soit peu faire passer la pilule, et la connerie avec les flics est presque excusée quand on voit la raison du pourquoi. En vérité, le début marche à peu près : l’histoire de la famille d’accueil a du potentiel, même si pratiquement aucun personnage n’est développé, surtout le gros ; et la découverte des pouvoirs a ses bons moments. Mais très vite, dès qu’il s’agit de filmer de l’action ou de faire une démonstration de force des supers-pouvoirs, les coupes budgétaires font mal. Les démons sont immondes, une bouillie de pixels informe, et de manière générale les FX font très cheap, avec des fonds verts assez immondes. On se croirait devant un épisode de Smallville. Et comme d’habite, le dernier acte est juste un énorme combat interminable, démontrant en plus la lourdeur des transformations, l’absence de charisme du héros et la fausse bonne idée de la famille héroïque si les suites (car oui, deux suites sont déjà prévues) se concentrent sur Shazam, d’autant que le décalage ado/adultes ne marchera alors plus, à moins de sortir la suite très vite, la moitié du casting sera déjà adulte dans trois ans. Parfois amusant, l’humour est plus mal dosé que dans n’importe quel Marvel, et on se lasse assez vite. Bref, visuellement raté et passablement vide, le film n’a que peu de qualités. Warner tient là encore une saga morte-née.

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Final Fantasy XV

Final Fantasy XV
2016 – 2018
XBoxOne/PS4 – PC

Présenté sous le nom de Final Fanatsy XIII Versus lors de l’E3 2006, le jeu avait l’air particulièrement prometteur à l’époque, se targuant de propulser la licence iconique des J-RPG dans le vaste monde des open-world, promesse particulièrement alléchante pour qui a souffert du dirigisme atroce de FF X et FF XIII. Seulement aujourd’hui les joueurs ont conscience qu’un trop grand terrain se rempli mal, et un compromis entre les deux est plus souhaitable tant la pléthore d’open-world pousse à devenir clostrophile. Le temps a passé, et face à une trop grande ambition le jeu est mort en 2012, après avoir englouti 150 millions de dollars de budget, renaissant sous la forme d’un nouvel opus qui aboutira quatre ans plus tard. À sa sortie, certains critiques furent dithyrambiques, d’autres assassines, mais avec le très bon film d’animation Kingsglave je voulais y croire, loin de me douter qu’il s’agissait là du plus mauvais Final Fantasy de toute l’histoire.

Graphismes : 12/20

Voilà une note qui pourrait sembler très dure, mais même poussé au maximum le jeu peine à faire mieux que FF XIII sorti six ans avant. Si en terme de technique le moteur est légèrement au dessus, le reste pêche malheureusement beaucoup. En terme de mise en scène, le grandiose n’est que rarement présent, concentré sur les combats divins et la phase finale, mais même là le spectacle est gâché par une caméra à la ramasse, le jeu ne possédant pratiquement aucune cinématiques, pourtant spécialité de Square-Enix, tout étant géré en direct par le moteur du jeu, nous obligeant à cadrer nous-même avec le joystick. Le focus étant lamentable, certains passages comme le combat contre Léviathan sont complètent gâchés. Là où le jeu déçoit beaucoup, c’est aussi au niveau de l’inspiration. Le bestiaire est classique au possible, peu voir aucune surprise, et pour les chimères, devenu archéens bidule, on préférera largement le style baroque de FF XIII, autrement plus ambitieux côté mise en scène et direction artistique. Reste les décors, d’un banal confondant : du désert, quelques forêts, et à l’occasion quelques lieux plus originaux, mais trop rares. On pensera notamment à Tenebrae, sans doute le lieu le plus inspiré du jeu, aperçu brièvement dans le film et dont on ne passera pas la frontière dans le jeu, une amer déception. Même la ville de l’eau, magnifique de l’extérieur, est tellement atroce à visiter qu’on ne s’y attardera pas.

Jouabilité : 06/20

Si les FF n’ont jamais brillé par leur fun, au moins il y avait toujours un aspect stratégique plus ou moins poussé, et puis surtout c’était jouable. Voulant s’ancrer dans l’air du temps, le jeu passe du tour-par-tour (certes évolutif dans les précédents, surtout le XII qui était en temps réel avec auto-configuration des actions et gestion des esquives et impulsions en direct) au action-RPG plus dynamique, mais le studio a oublié tous ses fondamentaux. En l’état le jeu est d’une lourdeur et imprécision rendant la progression poussive et énervante. Il n’y a aucun auto-focus de la caméra, on tape au hasard ou en forçant le focus en restant à appuyer sur une touche, mais au moindre mouvement ennemi le focus est perdu et la caméra part en vrille, soit toutes les deux secondes, voir moins. La gestion des armes multiples est dans la pratique inutile, et les esquives et parades marchent de façon très aléatoire en fonction des priorité, soit pour ainsi dire jamais. La progression en expérience étant lente, on arrive très vite à des ennemis qui réduisent à zéro votre barre de vie en un coup, et dès le début jusqu’à la fin ça sera le cas d’absolument tous les boss du jeu. Vient alors le système de recovery, hérité directement des FPS et jeux en ligne : un de vos acolytes peut vous guérir, à condition de l’appeler, d’être à côté, et de prier pour qu’il fasse ce que vous lui demandez. Là encore, le taux de réussite frôle le zéro, faisant que votre ahuri/carbuncle miniature vous ranimera très très souvent, jusqu’à une bonne centaine de fois par boss dans la dernière ligne droite. Il faut dire que quand le système de parade / esquive ne marche pratiquement jamais, que la caméra vous empêche en permanence de comprendre ce qui se passe à l’écran et quand de surcroît le jeu est dénué de magie curative, vous passerez plus de temps mort qu’à vous battre, rendant les combats fatigants. Le gain d’expérience après une nuit de sommeil est une idée stupide, le sphérier de compétence est moins bon que celui de FF XIII, déjà en retrait par rapport à celui de FF X. Pour ce qui est des expériences annexes, la cuisine, les photos et la pêche nous rappellent les idées les plus foireuses des Zelda. Ah oui, mention aux trajet en voiture, une sombre merde incapable de dépasser les 30km/h, rendant les déplacement si insupportables qu’on préférera zapper les décors plutôt que de perdre un temps pas possible à traverser de vastes étendues la plupart du temps désertiques.

Durée de vie : 05/20

Le jeu peut se finir en 20 heures en ligne droite, et avec toutes ses quêtes annexes ceux qui en auront envie pourront atteindre les 100 heures (bravo le repompage des missions de chasse de FF XII… ), sans compter le jeu en ligne. Youpie ?! Eh bien non, loin s’en faut. Si dans l’absolu ces chiffres sont parfait, que ce soit pour ceux qui ont envie de prolonger l’aventure ou ceux qui veulent juste se concentrer sur l’histoire, dans la pratique tout ceci n’est qu’une immense supercherie. Quand dans les 15 heures de missions « principales » on se tape des balades en ville avec Tartempion et des infiltrations de bases à la recherche d’une voiture, c’est pauvre. En prenant en plus en compte que la plupart des missions consistent à aller récupérer des armes de rois dans des tombeaux et trois pouvoirs de chimère, dont deux en grottes et déserts (redondance des décors), et qu’en plus le chapitre le plus long consiste à évoluer dans un complexe où il faut récupérer des accès pour débloquer des zones, comme dans les pires jeux des années 90, marre c’est marre. D’où le 5/20 : sur 20 heures de jeu, il y en a grand maximum 5 d’à peu près intéressantes.

Bande son : 14/20

Honnêtement rien de marquant, l’habituel travail de qualité de la firme, en pas spécialement inspiré. Le mixage sonore est souvent à la ramasse, certains passages sont à la limite de l’audible tant la musique prend le pas sur les dialogues. Seul point véritablement probant : le doublage, de bonne qualité à quelques exceptions près, et puis cette bonne surprise d’un doublage intégralement en français, alors même que tout le monde s’en fichait mais l’attendait de pied ferme sur Kingdom Hearts 3, qui en est dépourvu. Voilà de l’argent rudement bien investi…

Scénario : 05/20

Il y aurait tellement à dire ! Quatre gars aux tronches de chanteurs j-pop qui poussent une voiture puis font une mission random pour pouvoir repartir, voilà qui est une sacrée introduction… De tout le jeu on ne reverra aucuns des personnages de Kingsglave, les incohérences entre deux sont énormes (genre la perte des pouvoirs), et on apprendra pas ce que Noctis faisait en fauteuil roulant, alors même qu’on revoit un flashback où il était dedans. Bravo la communication entre les équipes ! La quasi intégralité du jeu sera un pèlerinage en quête de pouvoir, un copié-collé de FF X qui n’en aura ni la substance ni l’aura, la magie laissant place à du post-apo pauvre, et le combat spirituel pour redonner espoir à l’humanité, ravagée par Sin, n’est ici qu’une simple querelle entre deux lignées de la famille royale avec un mégalomane fou qui veut plonger le monde dans les ténèbres. La bande de pote qu’on suit est un condensé de stéréotypes, et on n’explorera jamais le passé d’aucun d’eux. Pire, la romance de Noctis et Lunafreya est inexistante, ce sont simplement deux amis d’enfance qui ne se reverrons que dix ans plus tard quand cette dernière va mourir au début-milieu du jeu, échouant à créer une quelconque empathie pour un personnage qui – en dehors du film – n’aura été présente qu’une poignée de minutes. Le monde est vide et la confrontation avec les dieux dénuée de toute substance, loin du complot effrayant de FF XII et à des années lumières de la quête du libre-arbitre de la trilogie FF XIII. Même les missions annexes les plus insipides de Mass Effect Andromeda avaient plus de saveur.

Note Globale : 08/20

Je ne voulais y croire et pourtant, ma licence vidéo-ludique préférée n’est plus que l’ombre d’elle-même. Sacrifiant son originalité pour se vautrer dans le moderne, le jeu dévoile un open-world monstrueusement vide, et le système de combat est tout simplement atroce, tout sauf intuitif, à la précision perfectible et massacré par une caméra en permanence à la ramasse. Le jeu enchaîne les missions ennuyeuses en piochant allègrement dans son historique, reprenant tel quel les concepts de pèlerinage ou de chasse des opus PS2. La mise en scène est ratée, mais de toutes façons l’histoire qui nous est contée est de loin la moins intéressante depuis trois décennies. Une histoire minable, étirée par des mécaniques redondantes et des déplacements d’une effroyable lourdeur. Alors que le film Kingsglave était une prouesse technique avec quelques bons personnages et une histoire qui tenait à peu près la route, le grand jeu, plus gros budget de l’histoire et ayant nécessité près de douze ans de développement, n’en vaut clairement pas la peine. Un jeu qui ne fait pas honneur à sa saga, qui suscite désormais plus d’engouement quant à la ressortie de remakes et remasters de leurs anciens jeux tant la qualité ne cesse de décroître, surtout en terme de narration. Un triste déclin…

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Nicky Larson et le parfum de Cupidon

Nicky Larson et le parfum de Cupidon
2019
Philippe Lacheau

Complément de titre bidon, casting qui laisse perplexe et surtout idée d’adaptation que personne n’attendait, quand la bande à Fifi s’était lancée dans le projet, personne n’y croyait, et face à la première bande-annonce le destin du film semblait scellé : le monde entier, qui en était déjà pas mal persuadé avant, avait alors la ferme conviction que le film était lamentable. De l’humour qui tombe à plat pour une franchise morte-née. Pourtant, l’équipe du film ne lâchait rien, disant que le film serait la meilleure réponse à leurs détracteurs. Aidé par les vacances scolaires et une absence totale de concurrence, le film a finalement réussi un démarrage assez correct, et de là tout le monde est tombé des nues. Si la presse n’a que moyennement été convaincue, les spectateurs lui offrirent un bouche-à-oreille énorme, lui permettant de dépasser les 1,6 millions d’entrées. La preuve qu’on peut lutter face à idées préconçues.

Sorte de mercenaire / enquêteur, Nicky Larson (Philippe Lacheau) fait équipe avec Laura (Elodie Fontan), la sœur de son ex meilleur ami (Raphaël Personnaz), pour lutter à leur manière contre le crime. Craignant qu’on ne s’en prenne à lui, un certain Letellier (Didier Bourdon) va faire appel à eux pour assurer sa sécurité, ce dernier ayant en effet avec lui une invention incroyable : le parfum de Cupidon, capable de rendre fou amoureux n’importe qui qui sentirait ce doux parfum.

Dès les premières séquences on est obligé de reconnaître que malgré tous les à priori, pour peu qu’on apprécie l’humour à la Babysitting, cette adaptation de City Hunter marche assez bien. Les gags s’enchaînent sans temps mort, le film ne souffre d’aucune censure et même son concept est intéressant : on place par hasard le flacon d’amour entre les mains du plus gros ringard de l’histoire, doublé d’un looser fini, et ce dernier, loin d’être bête, en comprend vite le pouvoir et décide de s’en servir pour aller voir Jessica Fox (Pamela Anderson), une mannequin sur laquelle il fantasme. Le film est donc drôle tout en proposant une histoire, certes légère, mais pas si bête et qui a le mérite d’être cohérente. On sent même que le film a bénéficié d’un certain budget puisque les scènes d’action sont efficaces et pas mal de plans ont de la gueule. Le couple à la ville à l’écran offre un bon duo, le reste du casting (Tarek Boudali accompagne toujours son pote) passe plutôt bien, et certains passages sont presque d’anthologie, comme le coup du sniper et de la prison. Fort de son succès, le film pourrait bien connaître une suite, et on parle aussi d’un crossover avec le célèbre manga d’espionnes-voleuses Cat’s Eye. Face à ce premier contact très rassurant, on ne dirait pas non.

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