Daredevil – Saison 03

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Daredevil – Saison 03
2018
Erik Oleson

Loin d’être le monstre économique actuel, Netflix avait lancé en 2015 ce qui allait devenir sa série phare, celle qui à elle seule a fait explosé le média et déclenché cette dynamique qui ne s’est depuis jamais essoufflée : Daredevil. Encensée par tous, la série ne s’est pas reposée sur ses lauriers et nous avait offert l’année suivante une saison 2 ahurissante, rangeant au placard toutes les séries du genre en atteignant des sommets encore inconnus. De cette second saison est né un autre miracle : le prodigieux Punisher dont la série solo a aussi été une claque sans commune mesure. Malheureusement, devant se mélanger à des séries bien moins prestigieuses (et dont la moitié ont été annulés depuis) pour le pétard mouillé qu’était le rassemblement des Defenders, nous n’avions pas eu de troisième saison l’an dernier et l’attente n’en était que plus grande. Conscient que quand on a atteint le sommet on ne peut que redescendre, l’idée de retrouver le grand méchant charismatique de la première saison était trop gageur pour se résonner. Bien que ne déméritant pas, cette saison ne sera malgré tout pas forcément à la hauteur des attentes sur tous les points.

Le suspens quant au sort de Daredevil / Matthew Murdock (Charlie Cox) avait déjà été éclairci à la fin de Defenders, ayant finalement survécu à la destruction de l’immeuble, de même que le retour de l’ex parrain de la pègre New-yorkaise Wilson Fisk (Vincent D’Onofrio) avait été teasé à la fin de la seconde saison. Ne supportant d’être séparé de son aimée, ce dernier va accepter de collaborer avec le FBI et tout particulièrement les agents Ray Nadeem (Jay Ali) et Ben Poindexter (Wilson Bethel) pour obtenir un internement en maison sécurisée à la place de la prison, mais surtout l’abandon de toutes les charges portant sur sa Vanessa pour pouvoir enfin la retrouver. Une fois encore, Wilson Fisk a réussi à retourner le système en sa faveur et pour Daredevil, désormais libéré son encombrant alter égo Murdock, va chercher un moyen de mettre définitivement un terme à ses agissements, prêt à se salir les mains. Pour ses anciens amis Foggy (Elden Henson) et Karen Page (Deborah Ann Woll), la justice et la lois devraient prévaloir et vont de leur côté chercher un moyen légal pour arrêter la machine corruptrice en marche.

Était-ce trop tôt ? Un seul grand méchant pour une saison entière ne nous suffit peut-être plus, mais une fois passé la jubilation des retrouvailles avec le colosse capable de broyer un crâne à mains nues, on se rappelle qu’on a déjà eu droit à une excellente saison entièrement dédiée à sa grandeur, et une nouvelle de plus après la richesse et la diversité de la seconde saison, cela sonne un peu léger et redondant. De plus, d’un point de vue psychologique les évolutions des personnages sont pour ainsi dire inexistantes et on retrouve certaines tares sur l’inaction ou la bêtise de Daredevil, moins efficace et probant dans cette troisième saison. En fait c’est bien simple, tout ce que la saison traîne des précédentes saisons, que ce soit les histoires ou les personnages, rien n’a la saveur des nouveaux éléments d’intrigue. Les agents Nadeem et Poindexter ont un charisme de fou, leurs histoires personnelles sont extrêmement bien travaillées et j’ai personnellement trouvé bien plus d’attrait à les suivre. Mais heureusement, l’intrigue globale est encore excellente, quoiqu’un peu lente à se mettre en place puisque le génie de Wilson Fisk ne se distillera qu’à petite dose avant de vraiment éclater en fin de saison. On pourra aussi trouver à redire sur les enjeux puisque avec le recul cette saison n’aura pas servi à grand chose si ce n’est nous divertir en ressortant son plus grand méchant, mais on aurait aimé quelques apparitions des autres héros ou anti-héros de l’écurie (surtout le Punisher bordel !). En résulte un divertissement de très haute facture à l’écriture toujours aussi recherchée, mais entre quelques stagnations et redondances, on tempèrera un peu nos ardeurs.

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Cinéma – Mes faux bons films

Aujourd’hui je suis de retour à mon domaine de prédilection : le cinéma.

Cette fois je lève le voile sur un sujet tabou, la hantise de tous les critiques, l’avis personnel. Car oui, on n’apprécie pas tous un film de la même façon, quel que soit sa qualité, et certains bons films n’ont pas trouvé grâce à mes yeux. On peut avoir conscience de la qualité du film, sans pour autant y adhérer, et c’est cette nuance que nous allons explorer :

https://www.youtube.com/watch?v=rKGSl9xxBa0

Pour soutenir la chaîne, n’hésitez pas à faire vivre la vidéo en mettant un pouce bleu, en la partageant et en commentant, et on se retrouve très vite pour non pas une mais deux critiques de séries : une complète et finie de six saisons, ainsi que la troisième saison d’une autre qui continue de briller par sa grande qualité.

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Abyss by DJ Protoss

Présenté au monde entier le 26 août 2012 avant de connaître la consécration avec un premier clip musical acclamé le premier novembre 2014, le plus grand musicien de tous les temps, DJ Protoss, a connu des hauts et surtout des bas. Arraché à la déesse originelle, il avait tenté de mettre fin à ses jours avec succès, mais comme Jésus avant lui, il est revenu quelques temps plus tard d’entre les morts. Cela ne s’est pas fait sans heurt et le bougre a connu bien des traversées du désert, au point que sa dernière composition remontait au 26 novembre 2016, soit il y a pratiquement deux ans. Sondant toujours plus loin les ténèbres de son propre cœur, il plonge cette fois son regard et nos oreilles vers ces eaux mystérieuses qu’on appelle « abysses ».

https://www.youtube.com/watch?v=0c6WH8Apapk

Tâchons de lui montrer le chemin vers la lumière en soutenant le plus chaleureusement possible ce retour tant espéré.

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Dix fantasmes de mort

Il y a de ça plus d’un an j’avais fait le tour de mes dix fantasmes de vie les plus importants, ceux dont les rêves étaient les plus persistants. Eh bien cette fois, après trois longs mois d’absence, en puisant dans mon expérience cinématographique (comprenant aussi les séries télévisuelles dont la frontière avec le cinéma est négligeable) et vidéo-ludique, j’ai concocté un panel des dix morts qui m’ont le plus marqué et qui ont eu le plus de sens à mes yeux.

Un concept quelque peu macabre qui ne conviendra donc pas aux plus jeunes et aux plus sensibles, mais j’espère que cela intéressera les autres et qu’ils soutiendront la vidéo s’ils la jugent digne d’être partagée.

https://www.youtube.com/watch?v=YgSuVpbSolw

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Videodrome

Videodrome
1984
David Cronenberg

Dans notre société moderne, on est quotidienne abreuvé de dérives policières, de manifestations violentes, de terrorisme, de guerre, n’hésitant pas à exposer le spectateur même jeune à des cadavres à une heure de grande écoute. Quand on pense « film qui a mal vieilli », on pense souvent aux effets spéciaux, mais ici on s’attaque à un film qui a surtout vieilli sur son caractère choquant, devenu aujourd’hui complètement anodin, et c’est un problème quand l’intérêt du film reposait en grande partie sur ses propos choquants et sur un gore qui n’a plus le même impact.

Directeur d’une petite chaîne de télévision, qui tente de se démarquer en proposant uniquement de l’érotisme et du contenu pornographique dans sa grille de programmation, Max Renn (James Woods) était à la recherche de contenu un peu plus agressif pour satisfaire un public, dont il fait partie, las de vidéos trop soft. Un jour en balayant les ondes à la recherche de contenu diffusé illégalement sur une fréquence protégée, il va tomber sur Videodrome, une vidéo de sadomasochisme très réaliste avec une mise à mort finale. Fasciné et obsédé par cette vidéo, il va tout faire pour se procurer l’original et contacter ceux qui sont derrière, espérant y trouver une mine d’or à la hauteur de sa perversion.

Dans les années 80, internet était encore loin d’exister sous sa forme actuelle et le contenu pornographique n’était pas accessible aussi facilement et avec une telle abondance de choix pour satisfaire les vices de chacun. Imaginer une chaîne de télévision allant jusqu’à diffuser du contenu hard, ça pouvait effectivement être un sacré séisme à l’époque, mais difficile de croire que ce genre de contenu n’existait pas déjà dans les sex-shop qui devaient alors avoir une belle collection éclectique à proposer en VHS à ses clients. Le postulat du film n’a donc plus la même saveur, mais heureusement visuellement le film n’a que peu vieilli. Certes, les artifices utilisés crèvent les yeux, mais au moins c’est tangible puisque les effets relèvent plus d’habiles maquillages que de dégoulinants effets numériques. Le film vaut donc surtout pour son trip fantastique, délaissant la cohérence du scénario pour nous proposer de découvrir les méandres d’un esprit tourmenté et sujet à de délirantes hallucinations. Ça diverti à peu près, mais les mécaniques tournent vite en rond, et le scénario, déjà pas bien consistant de base, part carrément en vrille. L’aspect technique du film passe donc encore très bien, mais c’est dans ses thématiques et son traitement qu’il a perdu son côté subversif, rattrapé par un monde qui a encore plus sombré dans la folie.

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Red Eye

Red Eye
2005
Wes Craven

Grand maître de l’horreur à qui l’on doit certaines des plus célèbres franchises du genre, Wes Craven n’a pourtant jamais connu de très grand succès critique ou commercial. C’est bien simple, pas un seul de ses films en dehors de la saga Scream n’a réussi à atteindre le pallier des 100 M$ de recettes mondiales. Quand on constate avec quelle facilité déconcertantes les productions horrifiques Bloomhouse explosent tous les compteurs ces dernières années, cela peut sembler un peu injuste, mais après un vrai succès se fait sur le long terme et la plupart des films du réalisateur ont durablement marqué le paysage, contrairement au film dont il est question aujourd’hui. Plus gros succès du réalisateur en dehors de sa saga Scream avec 95 M$ à l’international, sa tentative de passer au thriller était marquée par de très bonnes intentions, mais le film accuse presque deux décennies de retard…

Quand on prend l’avion, il arrive qu’on passe des heures entières assis à côté d’un parfait inconnu. Inconnu pour vous, mais êtes-vous un inconnu pour lui ? Gérante d’un grand hôtel de Miami, Lisa (Rachel McAdams) pensait tranquillement rentrer de Dallas, loin de se douter que cela faisait des mois qu’un groupe la suivait et avait mit au point un plan dont elle était sans le vouloir le pivot central. Homme d’apparence charmant et gentil, Jackson Rippner (Cillian Murphy), son voisin de fauteuil dans l’avion, va finalement se révéler être un dangereux terroriste qui tient le père de Lisa (Brian Cox) en otage et qui souhaite utiliser la position de Lisa pour sa prochaine mission.

Le point de départ du film est très intéressant puisqu’il nous place dans un avion, lieu exiguë, où une pauvre femme se retrouve manipulée par un homme tout puissant qui semble avoir très bien planifié son opération et qui maîtrise l’art de la manipulation. Les deux acteurs sont très charismatiques et le ton se fait vite très pesant, mais on s’en tiendra à une simple attention. Pratiquement toutes les informations sur l’affaire nous sont dévoilées d’emblée, il n’y a plus la moindre surprise après demi-heure de film, on notera une certaine redondance dans l’avion avec une sous-exploitation monstrueuse de rôles secondaires qui auraient pu relancer l’intérêt, et la dernière ligne droite est assez bordélique avec des protagonistes en roue libre qui n’ont plus aucune cohérence. Le film a un arrière-goût de produit sur-calibré où le suspense n’y a pas sa place. C’est dommage car le potentiel était là, mais la prévisibilité est écrasante et on en ressort avec l’impression d’avoir déjà vu ce film une bonne dizaine de fois. Heureusement, c’est court, dynamique et bien réalisé, mais ça ne sauve que les apparences.

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Le Secret de Green Knowe

Le Secret de Green Knowe
2009
Julian Fellowes

Série exceptionnel au génie qui est devenu un peu trop routinier au fil des saisons, il n’en reste pas moins que Downton Abbey a durablement marqué notre paysage culturel et que tout fan qui se respecte attend avec une fébrilité insoutenable les nouvelles du long-métrage qui devrait sortir courant 2019. Son créateur n’en était pas à son coup d’essai puisque son second long-métrage, qu’on aborde ici, portait déjà sur cette magnifique époque qu’est la fin de l’époque victorienne début édouardienne (fin XIX° début XX°). Une époque qu’il semble particulièrement affectionner, mais surtout maîtriser.

Pour découvrir ou redécouvrir les thèmes chers au réalisateur (le film ayant été traduit en français avec cinq ans de retard suite au succès de la série), le film nous plonge dans la peau du jeune Tolly (Alex Etel), envoyé chez sa grand-mère (Maggie Smith) à la campagne pour les fêtes de fin d’année, espérant un peu lui changer les idées puisque l’action se déroule en 1944 et que son père est porté disparu sur le front allemand. Il va alors découvrir un domaine appartenant à sa famille depuis des dizaines de générations, un lieu empli de mystères et de secrets. Le plus grand de tous remonte à avant l’arrivée de sa grand-mère, au moment où la maison appartenait au futur beau-père de cette dernière, le capitaine Oldknow (Hugh Bonneville). Que s’est-il passé en ce temps-là ? Pour le découvrir, Tolly va devoir faire partie intégrante de cette histoire.

Imaginez une version fantastique de Downton Abbey, et c’est assez facile puisqu’on retrouve, en plus du capitaine et de la grand-mère, Daisy Lewis, l’institutrice de la saison 4 qui joue ici une commis de cuisine, mais surtout le très récurrent Allen Leech, alias Tom le chauffeur, qui campe ici un valet. Le casting est d’ailleurs complètement dingue puisqu’on retrouve dans le présent Timothy Spall en jardinier, et dans le passé Douglas Booth incarne le fils du capitaine, Carice Van Houten sa femme, et Dominic West est quant à lui le majordome. Bref, on se retrouve dans un décor assez similaire, une grande partie du casting nous est familier, surtout si on a suivi la série, et on y découvre une sombre histoire de famille avec nombre de thématiques qui nous sont chers comme l’ouverture d’esprit avec les changements du monde, la famille mais aussi l’amour. Sans trop vouloir vous en dévoiler, le choix narratif fait, qui mélange le genre avec du fantastique, est une superbe trouvaille finement utilisée, puisque collant parfaitement à l’ambiance et nous réservant de belles surprises (enfin pas que, n’oublions pas que le réalisateur et scénariste a une fâcheuse tendance à la dépression). Le cadre est donc formidablement mis en avant, les acteurs sont excellents, l’axe choisit est original et le scénario est très solide. Le seul défaut nous viendrait de l’image, la mise en scène et de la photographie font très téléfilm, mais cela est probablement dut à un manque de budget. Le showrunner de notre série bien aimée connaissait donc déjà bien son sujet, nous livrant une pépite du genre que tout amoureux du cinéma se doit de découvrir.

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Taxi 5

Taxi 5
2018
Franck Gastambide

Pouvait-on honnêtement espérer un bon film ? Non, mais ça restait possible. Certes déjà bancale depuis le premier opus, la saga Taxi partait d’une idée simple mais efficace : une police tellement nulle que même le chauffeur de taxi du coin est un meilleur enquêteur, le tout servant d’excuse pour des prouesses techniques de cascadeurs expérimentés. Au final c’était écrit avec le cul pour des blagues encore plus basses, et mise à part les trois premiers à peu près regardables, le quatrième était vraiment un navet fini. Pire, l’équipe responsable de ce nouvel opus est la même qui nous a infligé Pattaya, ce grand n’importe quoi complètement bancal où l’avalanche de guest, et trop peu de gags réussis, n’effaçait pas un bilan pour le moins mitigé. Enfin bon, entre Les Kaïra et la blague de « il était temps de passer la cinquième », on avait espoir de sauver deux trois meubles, vainement.

Pour ce qui est du torchon putride qui est censé être appelé « scénario », on suivra un flic chaud bouillant de Paris (Frank Gastambide) muté à Marseille pour raison disciplinaire (il a couché avec la femme du préfet ou un truc du genre) – chose qui déjà n’a aucun sens puisque niveau échelon une place à la cité phocéenne vaut largement plus cher. Il y découvrira toute l’incompétence de la police locale, malmenée par un gang italien. Pilote chevronné aguiché par le récit des exploits d’un fameux taxi, il va faire équipe un bon à rien du coin pour récupérer la mythique voiture qui, il l’espère, lui permettra de mettre la main sur ceux qu’il cherche.

Pour être sûr de ne pas perdre les fidèles de la quadrilogie, le film enchaîne les références, s’en gave, vit pour elle tel un mourant sous assistance respiratoire. Les personnages parlent des précédents opus pendant presque vingt minutes au total, montrant au passage une pléthore d’extraits sous forme de flashback alors que le narrateur n’y était pas : un degré d’incompétence hors du commun. La formule ne change pas d’un iota, on échange juste les personnalités du chauffeur de taxi et du policier. Les personnages secondaires du policier Alain et du commissaire Gilbert ont même été ressortis du formole pour un résultat plus pitoyable et caricatural que jamais. La mode des guests prend une nouvelle dimension ici avec Ramzy Bedia, Monsieur Poulpe et même Waly Dia et le chanteur Soprano qui nous sortent totalement du film juste pour nous sortir la blague sur Jeffrey, mais mine de rien le chanteur au naturel inexistant n’est même pas le pire de tous. Une seule chose a évolué : l’humour, bien plus trash et lourd. On prend un nain pour se foutre de la gueule des nains, on prend des moches pour nous montrer comme ils sont pas beaux, et cerise sur l’excrément, une obèse ignoble au regard vide qui donne envie de vomir à chacune de ses bien trop nombreuses apparitions. On nous refourgue donc du Taxi ultra calibré, au niveau d’écriture encore plus fainéant et au « charme » endeuillé par une lourdeur sans pareille. L’acteur principal est bon et sa romance à la ville qu’il recycle à chacun de ses films est touchante puisque l’homme reste fidèle même en tant qu’acteur, mais c’est bien là le seul point à sauver du film. Le duo marche, mais moins bien que son modèle, les cascades nous ennuient, l’histoire est fade et les personnages secondaires sont pour la plupart des cancers ambulants. Il valait mieux laisser la saga dans son caniveau…

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Rampage – Hors de contrôle

Rampage – Hors de contrôle
2018
Brad Peyton

Le cinéma évolue sans cesse, et dans ce chaos incompréhensible a vu le jour un genre à part entière qui siphonne le box-office aussi surement qu’un impôt prélevé à la source : le blockbuster d’action ultra bourrin et totalement dénué de scénario mais où on s’en fout parce que Dwayne Johnson ma gueule ! Oh que oui ! Nanar à 120 M$ de budget, le film a raflé 426 M$ au box-office mondial grâce à une Chine en pleine puberté qui rigole comme une baleine devant les films les plus cons possibles. Mais le spectateur lambda trouvera t-il aussi son bonheur dans une lobotomie consentante ? Va savoir, pour ma part il me reste encore bien trop de neurones qui se rencontrent malheureusement en de rares occasions.

Comment transposer en film un jeux-vidéo où un gorille, un loup et un alligator géants détruisent des immeubles ? Facile : un projet pour faire grandir à l’infini a vu le jour dans l’espace, la station s’est crashée, le produit s’est déversé sur les trois dits animaux et paf, ça fait des monstres géants ! Admettons mais ça prendrait des années en terme de croissance, non ? Pas là. Holà, dans ce cas faudrait qu’ils mangent des quantités astronomiques de nourriture pour tenir le choc. Non non, même pas besoin de manger. Mais sinon ils deviennent bien trop grands pour se déplacer, avec la gravité ils devraient limite être plaqués au sol. La gravité ? Mais c’est un film joyeux voyons ! Et sinon, les pouvoirs à la X-Men, on en parle ? Bon monsieur, laissez le scénariste tranquille maintenant ! C’est l’heure de son biberon.

Pourquoi faire genre ? Et puis bon, entre les effets spéciaux, Dwayne Johnson, Malin Akerman, Naomie Harris, Joe Manganiello, Jeffrey Dean Morgan et Dwayne Johnson, sans oublier Dwayne Johnson, 120 M$ ça faisait un peu juste pour en plus se payer un scénariste. Oubliez donc toute notion de crédibilité, le film assume à fond la carte de l’autodérision avec des chutes de plusieurs kilomètres non mortelles malgré l’explosion qui suit, le héros cours avec une balle dans le ventre et d’autres blessures quasi mortelles, le loup balance des épines-missiles et est capable de voler, tandis que le crocodile (ou alligator, je me rappelle plus de la différence), en plus d’avoir eu les meilleurs hormones de croissances, s’est vu doté de défenses de sanglier, des piques dans le dos ainsi qu’une queue d’ankylosaure. Et pendant ce temps, le gorille fait le dixième de sa taille et n’a qu’un léger pouvoir de régénération accélérée. La douille… Côté second degré, en plus de nous servir des personnages caricaturaux au possible et dont le film se contrefout royalement (aucun enjeux et certains crèvent dans l’indifférence la plus totale), on nous régale d’improbables dialogues qui semblent tous avoir vocation à être des punchline ou des gags. Tout est tourné en dérision et clairement le film assume à 100% son côté nanardesque. Pour ce qui est du spectacle, on semble accuser une bonne décennie de retard tant les monstres peinent à avoir un rendu crédible, mais sinon le film fait le taf et offre une démesure à la hauteur. Pour une soirée bien arrosée et pour un public n’ayant strictement aucune attente, on pourra éventuellement ne pas totalement déconseiller le film.

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Ready Player One

Ready Player One
2018
Steven Spielberg

Voilà un film qui a largement fait parler de lui au début de l’année. Presque tout le monde s’est excité dessus en criant au chef-d’œuvre et le film a engrangé pas loin de 600 M$ au box office mondial, et étant donné qu’il s’agit d’une adaptation littéraire et qu’un second livre est en cours, nul doute qu’un nouveau film verra le jour à l’horizon 2021. Le public et la presse n’ont pas tari d’éloges et dès la bande-annonce la hype était monstrueuse. Pourtant, tel un blasé de la vie qui a besoin plus que de simple divertissement pour s’émerveiller à nouveau devant son écran, les premiers visuels m’ont fait fuir devant une avalanche d’effets spéciaux en images de synthèses dégoulinantes. Eh bien après avoir enfin vu le film, je ne comprend toujours pas pourquoi cette clémence envers un film à ce point banal et souffrant de problèmes monstrueux qui ont pourtant été acclamés.

Alors que la réalité virtuelle est une technologie hors de prix, pas du tout au point et dont le marché de niche semble stagner, le film se situe en 2040 alors que tout le monde, même les pauvres (surtout eux d’ailleurs étrangement), se réfugie dans un monde virtuel appelé l’OASIS, sorte de MMO RPG un peu foutraque où on peut trouver à peu près tout de par les innombrables mods (ce qui n’a aucun sens, mais j’y reviendrais plus tard). Homme dépressif et profondément solitaire (et pourtant adulé et qui véhicule lui-même une image de narcissique fini, y a t-il un seul point cohérent de ce scénario bordel !), à la mort de son fondateur James Halliday (Mark Rylance) – et le co-fondateur incarné par Simon Pegg tout le monde s’en fout – l’OASIS est aussi devenu un terrain de chasse de plusieurs dizaines de milliards de dollars puisque l’intégralité de ses parts ont été cachées dans le jeu et une seule personne, celle qui trouvera les trois clés, en héritera de la totalité.

Pour suivre cette quête de richesse complètement démesurée, le film nous plonge dans la peau de Wade Watts (Tye Sheridan) alias Parzival dans L’OASIS, nom britannique du mythique Perceval, chevalier qui trouva seul le saint Graal. Sauf que non, même si ce dernier se déclare « anti-groupe », il n’empêche qu’il traîne toujours avec les trois mêmes potes. C’est ce qu’on appel communément une alliance connard ! C’est la même chose ! Pire, il sera rejoint par la joueuse Artemis (Olivia Cooke), dont cinq c’est clairement pas du solitaire. Enfin bref… Ce Perzival est donc un grand passionné de pop culture (donc le mec est un mouton qui n’a pas d’avis personnel et qui est incapable de remettre en cause les standards que d’autres ont imposé de façon arbitraire) mais aussi de James Halliday (parce bê mon gourou) et s’implique fortement dans la quête des trois clés pour devenir riche. Mais ne vous inquiétez, cette avidité va céder sa place aux hormones puisque pour sa dulcinée il va faire genre de devenir altruiste. Oh moins tout ça… Et puis comme il faut un grand méchant une société de « on sait pas trop quoi » fait tout pour gagner en premier. En même temps quand y’a des milliards à la clé, le monde entier devrait être dessus et il devrait y avoir des centaines d’entreprises prêtes à aller largement plus loin ! Donc non en fait, pas de méchants, juste une course à l’héritage où les motivations de chacun ont toutes la même finalité.

Le scénario n’a donc rien de folichon, mais en fait c’est presque anecdotique face à la montagne de problèmes d’intérêt, de créativité ou de cohérence du film. Au final qu’à inventé le film ? Des univers virtuels de ce genre existent déjà, et celui-ci ne marche pas : on ne peut pas moder un jeu à moins qu’il ne soit open-source, auquel cas les trois clés auraient été trouvées dans la journée. Et qui dit mod dit possibilité de tricher dans les grandes largeurs, comme s’attribuer de l’argent virtuel en masse, et apparemment l’argent virtuel a une valeur réelle, ce qui est donc un non sens total. Par principe un mode en ligne avec du mod détruit toute forme d’équilibrage ou de méritocratie, donc l’univers de l’OASIS ne peut exister sous cette forme. Qu’à inventé d’autre le film / le livre ? Une combinaison qui permet de faire ressentir réellement (et encore, de manière très superficielle) ce que ressent le personnage virtuel. C’est sûr que si on se fait tirer dans le dos il est important de pouvoir le détecter, mais vous êtes sûr qu’une combinaison qui vous fout à terre avec de larges douleurs c’est une idée de génie ? Permettez-moi d’en douter…

Et voilà, c’est fini, on a déjà fait le tour des idées « neuves » du film. Le reste ? Des tapes incessantes sur notre épaule pour nous dire « regarde, t’as compris la référence ? ». Oui, je suis pas débile et je vis pas dans une grotte. C’est lourd, ça n’apporte rien d’autre que du clin d’œil facile et racoleur, et je le vois surtout comme un aveu de faiblesse sur l’incapacité de l’auteur à créer sa propre mythologie. Au moins, pour la quête de la deuxième clé le réalisateur a réussi à y placer un hommage personnel touchant, donnant un peu plus de profondeur à un univers passablement vide. Côté construction, le recherche d’indices est fade et le développement en trois quêtes peu poussées rappelle les missions annexes écrite avec les pieds de certains jeux. Donc même dans ce que l’histoire emprunte aux jeux-vidéos, elle prend ce qu’il y avait de pire à choisir. Côté personnages, malgré de bons acteurs l’écriture caricaturale empêche toute forme d’empathie et on ne s’intéresse donc ni à l’histoire ni aux protagonistes. Reste donc uniquement un spectacle visuel assez médiocre où la mise en scène efficace ne parvient pas à faire oublier le manque de créativité visuelle. Sans aller jusqu’à dire que le film est visuellement raté, pas un seul plan ne m’aura marqué outre-mesure. Les séquences d’action n’ont rien de dantesque et la bande-originale ne m’aura pas non plus transcendé. Pour un film qui se voulait révolutionnaire, il ne l’est pas sur la forme et encore moins sur le fond. Ça se regarde, mais j’aurais tôt fait de l’oublier.

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