Rampage – Hors de contrôle

Rampage – Hors de contrôle
2018
Brad Peyton

Le cinéma évolue sans cesse, et dans ce chaos incompréhensible a vu le jour un genre à part entière qui siphonne le box-office aussi surement qu’un impôt prélevé à la source : le blockbuster d’action ultra bourrin et totalement dénué de scénario mais où on s’en fout parce que Dwayne Johnson ma gueule ! Oh que oui ! Nanar à 120 M$ de budget, le film a raflé 426 M$ au box-office mondial grâce à une Chine en pleine puberté qui rigole comme une baleine devant les films les plus cons possibles. Mais le spectateur lambda trouvera t-il aussi son bonheur dans une lobotomie consentante ? Va savoir, pour ma part il me reste encore bien trop de neurones qui se rencontrent malheureusement en de rares occasions.

Comment transposer en film un jeux-vidéo où un gorille, un loup et un alligator géants détruisent des immeubles ? Facile : un projet pour faire grandir à l’infini a vu le jour dans l’espace, la station s’est crashée, le produit s’est déversé sur les trois dits animaux et paf, ça fait des monstres géants ! Admettons mais ça prendrait des années en terme de croissance, non ? Pas là. Holà, dans ce cas faudrait qu’ils mangent des quantités astronomiques de nourriture pour tenir le choc. Non non, même pas besoin de manger. Mais sinon ils deviennent bien trop grands pour se déplacer, avec la gravité ils devraient limite être plaqués au sol. La gravité ? Mais c’est un film joyeux voyons ! Et sinon, les pouvoirs à la X-Men, on en parle ? Bon monsieur, laissez le scénariste tranquille maintenant ! C’est l’heure de son biberon.

Pourquoi faire genre ? Et puis bon, entre les effets spéciaux, Dwayne Johnson, Malin Akerman, Naomie Harris, Joe Manganiello, Jeffrey Dean Morgan et Dwayne Johnson, sans oublier Dwayne Johnson, 120 M$ ça faisait un peu juste pour en plus se payer un scénariste. Oubliez donc toute notion de crédibilité, le film assume à fond la carte de l’autodérision avec des chutes de plusieurs kilomètres non mortelles malgré l’explosion qui suit, le héros cours avec une balle dans le ventre et d’autres blessures quasi mortelles, le loup balance des épines-missiles et est capable de voler, tandis que le crocodile (ou alligator, je me rappelle plus de la différence), en plus d’avoir eu les meilleurs hormones de croissances, s’est vu doté de défenses de sanglier, des piques dans le dos ainsi qu’une queue d’ankylosaure. Et pendant ce temps, le gorille fait le dixième de sa taille et n’a qu’un léger pouvoir de régénération accélérée. La douille… Côté second degré, en plus de nous servir des personnages caricaturaux au possible et dont le film se contrefout royalement (aucun enjeux et certains crèvent dans l’indifférence la plus totale), on nous régale d’improbables dialogues qui semblent tous avoir vocation à être des punchline ou des gags. Tout est tourné en dérision et clairement le film assume à 100% son côté nanardesque. Pour ce qui est du spectacle, on semble accuser une bonne décennie de retard tant les monstres peinent à avoir un rendu crédible, mais sinon le film fait le taf et offre une démesure à la hauteur. Pour une soirée bien arrosée et pour un public n’ayant strictement aucune attente, on pourra éventuellement ne pas totalement déconseiller le film.

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