Split

Split
2017
M. Night Shyamalan

Après avoir signé plusieurs films particulièrement marquants à la fin des années 90 début 2000, M. Night Shyamalan a connu une traversée du désert terrible en cumulant les échecs commerciaux et critiques. On le croyait définitivement mort mais son précédent film The Visit fut un très bon succès et nombreux furent ceux à parler de grand retour, alors même que le film est de loin le pire de toute sa carrière. Alors quand les gens ont commencé à s’exciter sur Split, la prudence était de mise.

Le film s’axe autour de la personne de Kevin Wendell Crumb (James McAvoy), jeune homme perturbé qui souffre de schizophrénie particulièrement aiguë, abritant en lui pas moins de 23 personnalités. Deux d’entre elles, Patricia et Dennis, se servent d’une histoire de menace de l’arrivée d’un monstre pour faire peur aux autres et prendre le contrôle de Kevin. Sensible au charme des jeunes filles, Kevin va kidnapper trois étudiantes (incluant Anya Taylor-Joy et Haley Lu Richardson) qui vont découvrir terrifiées cet homme aux multiples personnalités.

Quand on se retrouve face à un film de M. Night Shyamalan, on passe tout le film à chercher le message caché, à se demander quel sera le twist ending complètement mind fuck. Dès les premières scènes les théories fusent : et si le père qui raccompagne les filles était Kevin, cachant sa nature depuis toutes ces années ? Et si en réalité il n’y avait jamais eu de filles et que tout se passait dans sa tête ? Mais non, une poignée de minutes plus tard on apprend que le père va bien et une alerte enlèvement pour les trois filles a été émit. On cherche alors les pistes les plus farfelues, se disant que forcément, connaissant le réalisateur, il nous réserverait forcément quelque chose pour le final. Oui, mais non. En réalité le film est exactement ce qu’il semble être, tout est ultra prévisible et le « retournement » n’en est pas vraiment un, nous laissant dans une déception des plus totales. Le film est donc scénaristiquement décevant, mais est-il mauvais pour autant ? Pas non plus, nous proposant tout de même une étude surprenante et un axe original pour la schizophrénie du personnage, brillamment interprété par un acteur investi. On reste dans du slasher (film où un antagoniste s’amuse à terrifier ses proies) classique mais le film apporte quelques points sympathiques comme la fille presque aussi tarée que son ravisseur incarnée par la fascinante Anya Taylor-Joy, mais aussi le personnage de la psychiatre donnant un peu de profondeur à l’analyse, ou encore l’humour, assez efficace. On pense par exemple au coup de l’alarme dans la voiture et aux « etc » de Hedwig, rire garanti. En parlant d’Hedwig par contre, personnalité de Kevin censée avoir neuf ans, son âge mental n’est pas raccord, se rapprochant plus d’un enfant de 4-5 ans. Le film est donc assez solide et plaira énormément à ceux qui n’en attendait rien, mais difficile de ne pas se montrer déçu compte tenu des faiblesses d’écriture alors même que le réalisateur nous avait habitué à tellement mieux.

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3 réponses à Split

  1. Julien dit :

    Quand tu dis « le réalisateur nous avait habitué à tellement mieux », tu penses à quel film de ces dix dernières années ?
    La jeune fille de l’eau était une bouse, Phénomènes était encore pire, Avatar était irregardable, et After Earth était une catastrophe.
    Reste The visit, que je n’ai pas vu, mais qui n’avait pas l’air génial non plus…
    Dire qu’il nous avait habitué à mieux, c’est un sacré euphémisme…

    • Antoine dit :

      La jeune fille de l’eau je ne saurais dire, ne l’ayant pas vu, mais c’est vrai que ça remonte à 13 ans Le Village, donc on se paye une traversée du désert de plus d’une décennie.
      Mais quand on regarde le début de sa filmographie, on se dit qu’il va bien finir par nous sortir un nouveau grand film, ne serait-ce que par accident.

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