Pocahontas, une légende indienne

Pocahontas, une légende indienne
1995
Mike Gabriel, Eric Goldberg

Le thème du film est un choix surprenant de la part de Disney, tant la colonisation de l’Amérique fut une période sombre de l’humanité. Génocides, massacres d’enfants, expropriations, viols collectifs et autres joies festives étaient légions (même s’il faut reconnaître que la réciproque fut elle aussi vraie, les premiers explorateurs n’y ayant pas survécu), et en faire un film léger et à destination des enfants relève du véritable défi. Le succès fut à la clef : 5,6 millions d’entrées en France et 346 M$ dans le monde (soit l’équivalant actuel de 675 M$).

L’histoire prend place en 1607 sous le règne de Jacques I°, roi d’Angleterre, alors qu’une expédition part pour le nouveau monde en quête d’or. Arrivé à destination, le général John Smith est envoyé en reconnaissance dans la forêt, cherchant à identifier une possible présence de sauvages. Et effectivement, ses pas vont le conduire à faire la rencontre de Pocahontas, la fille du chef du village indien. Loin de l’image de la bête à l’allure d’homme qu’il imaginait, il comprendra que ses ressemblances avec eux va bien au delà de la simple apparence. Mais difficile de faire changer les mentalités…

Les premiers contacts avec le film ne rassurent pas tellement : la chanson d’introduction est incompréhensible (un problème récurrent : la musique couvrant de façon trop prononcée les paroles), et la technique et l’animation sont un peu légers, même si les couleurs sont très belles. Rien de bien grave, la direction artistique étant excellente, l’image reste magnifique. En revanche, du point de vu sonore, la voie de Pocahontas choque, faisant disparate par rapport à son physique. Et de manière générale, le niveau des innombrables chansons – comme il était de coutume à l’époque – laisse à désirer, les textes étant simplets et les chanteurs peu convaincants. Côté histoire, c’est loin d’être mauvais, même plutôt bon à vrai dire, le charme des décors et les enjeux historiques donnant une véritable ampleur à l’univers dépeint. Mais plusieurs ombres viennent ternir le tableau : beaucoup de personnages sont très stéréotypés, et la maîtrise de l’anglais des aborigènes est incohérente, eux qui n’en ont jamais vu. M’enfin, si on cherche la cohérence, la lévitation du casque de John Smith a de quoi rendre fou. Et puis bon, forcément, le sang ça n’existe pas. La romance est faible, la fin expédiée et tout est extrêmement prévisible. Pour les enfants, il est probable que cela suffise, mais difficile d’y voir plus qu’une simple aventure mignonne.

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