The Predator

The Predator
2018
Shane Black

De base j’avais une hype monumentale. J’avais beaucoup aimé le premier film quand j’étais petit, la SF m’a toujours passionné, j’adore les films de Shane Black, surtout Iron Man 3 qui avait quelque peu divisé, et même Predators, largement décrié, m’avait assez bien diverti malgré ses nombreux défauts. Sur le papier le film avait tout de génial, et je pensais pouvoir passer outre ce qui a tant fait rager le public, mais malheureusement tout est absolument justifié et impardonnable. Quand un film connaît plus de trois reports et des reshoot de plus d’un mois avec la réécriture de près de 80% du script en urgence, ça puait – il est vrai – bien salement de la gueule, et ô mon dieu quel bordel.

Comment résumer un tel foutoir ? Eh bien d’un côté on a un Quinn McKenna (Boyd Holbrook) qui va tomber sur un Predator (capable de maîtriser la courbure espace-temps mais incapable de poser son vaisseau sans se crasher) lors d’une mission militaire, qui va se retrouver avec une troupe de psychopathes de l’armée qu’il faut faire taire (incluant Trevante Rhodes et Alfie Allen) ; de l’autre on a l’armée qui fait ses expériences, épaulée par le professeur Casey Brackett (Olivia Munn), une spécialiste de renommée mondiale qui donne des cours dans un établissement de merde et qui semble avoir une formation militaire supérieure à des soldats d’élite (et capable de courir à plusieurs centaines de kilomètres par heure, mais ça c’est une autre histoire). Et au milieu de ça, il y a l’ex femme (Yvonne Strahovski) et le fils de McKenna (Jacob Tremblay), à qui il a envoyé en secret de la technologie alien. Ah oui, et y’a un Predator de trois mètres de haut avec des Predachiens qui vient récupérer l’autre Predator. Voilà voilà…

On dit que le réalisateur a saboté lui-même son propre film car le studio le dépossédait de son œuvre. Ça semble énorme de se dire qu’un studio qui gère des milliards et accorde un budget plus de deux fois supérieur à Predators fasse exprès de sortir le plus mauvais film possible. Quoique avec Solo il y a de quoi se poser la question… Et en fait le film aurait pu être bon. Quelques clins d’œils aux films originaux marchent bien, visuellement le film propose des choses assez dingues avec de la violence très crue, le casting est plutôt bon même si l’écriture des personnages est problématique, et dans l’ensemble ça pourrait faire un bon divertissement. Olivia Munn est à tomber dans le film, tantôt fragile comme lors de la décontamination, tantôt badass comme personne en sautant de toit en toit, mais pourquoi ? D’où sort-elle ? Son personnage n’a aucun sens, comme la plupart des autres qui font n’importe quoi de bout en bout, et le film n’apporte jamais la moindre explication rationnelle. La fin enchaîne les situations stupides avec des sauts de dix mètres sans aucune égratignure, des gens qui s’accrochent sur un vaisseau en plein vol, et d’autres qui rattrapent ledit vaisseau en courant (!). Si le film ne mettait pas tant d’énergie à nous sortir de l’immersion avec ses blagues de merde, ses personnages inconsistants et son scénario abrutissant, il y avait là de bonnes bases pour un bon gros délire bien vénère. Mais à force d’avoir été raboté de partout, remonté en urgence pour enlever un acteur (pour des histoires pour lesquels il a déjà été jugé bien des années avant, donc bravo le respect de la loi et la réintégration) et fignolé à la pisse à causes de tensions supposées entre le studio et le réalisateur, le film ne ressemble plus à grand chose à l’arrivée, surtout dans sa seconde moitié en roue libre. En l’état ça se regarde avec quelques passages sympas, mais clairement oui, le film a été saboté.

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