Le Roi Arthur : la légende d’Excalibur

Le Roi Arthur : la légende d’Excalibur
2017
Guy Ritchie

Alors qu’en France tout le monde à le regard tourné vers la suite des aventures de Kaamelott qui se fait attendre depuis huit ans déjà, le mythe du roi Arthur revient une nouvelle fois au cinéma. Une énième fois serait-on tenté de dire tant le personnage accapare nos produits culturels entre une pléthore de films et de séries de tous horizons. Pire, les américains avaient déjà fait de la légende un gros film épique à énorme budget pas plus tard qu’en 2004, et nombreux étaient ceux à être dubitatifs à l’annonce du projet. Il faut dire que si Guy Ritchie est un grand réalisateur qui a un don pour dépoussiérer des histoires bien connues et en faire une juteuse licence, on l’attendait plus sur un troisième Sherlock Holmes qui se fait languir. Enfin avec tout juste 120 M$ péniblement arrachés dans le monde en trois semaines face à un budget monstrueux de 175 M$, son projet de saga autour des chevaliers de la table ronde est de toute façon enterré.

Histoire ayant potentiellement prit place au V° siècle, le film se déroule sous le règne de Vortigern (Jude Law), frère de l’ancien roi Uther Pandragon (Eric Bana) qu’il a lui-même assassiné pour accéder au trône. Sa plus grande peur est de perdre un jour le pouvoir, le roi légitime étant le fils d’Uther, porté disparu depuis près de trente ans et qui pourrait revendiquer l’épée d’Excalibur. Bien loin de se douter du destin hors du commun qui pourrait l’attendre, Arthur (Charlie Hunnam) a grandit et s’est épanoui dans un bordel, s’y forgeant une vie de vagabond libre et insouciant.

Rah que ce film m’embête. D’un côté il raconte une histoire qu’on connaît bien trop et le scénario ne la rend pas suffisamment nouvelle pour susciter un réel intérêt, de l’autre c’est probablement la plus grosse claque sensorielle de ces dernières années. Alors que l’introduction laisse perplexe, on passe ensuite à une phase de vieillissement accéléré du héros : une séquence survitaminée, oppressante et épique. Malheureusement, on aura toujours un peu de mal à rentrer dans le film, puis on enchaîne ensuite avec une scène du même niveau, aussi bluffante, mais de surcroît très drôle, non sans rappeler les meilleurs passages de Ant-Man. Et c’est comme ça tout le film : on décroche puis on reprend fois mille avec une réalisation colossale et l’une des bande-son les plus nerveuses jamais entendue. La course dans les rues en mode go pro sous acide est complètement dingue, l’utilisation d’Excalibur est monstrueuse avec des mouvements de caméra d’une rare violence tout en gardant une maîtrise et une lisibilité surnaturelles, toute la fin nous scotch à notre fauteuil et globalement le film a une classe ahurissante. Et mon dieu cette BO ! D’un autre côté, si on a rarement vu un Arthur aussi charismatique et badass, la plupart des acteurs secondaires sont totalement oubliables malgré les présences de Djimon Hounsou et Aidan Gillen. Seule Astrid Berges-Frisbey tire son épingle du jeu en campant une sorcière aussi redoutable que séduisante, chose étonnante – et qui m’aurait marqué si cela avait été dit durant le film – puisqu’elle campe apparemment le personnage de Guenièvre. On se retrouve donc devant un film à l’histoire et aux protagonistes – hormis le héros et sa promise – peu mémorables, mais on ne peut pas rester insensible pour autant face à un montage ultra dynamique, une réalisation déroutante et nerveuse ainsi qu’un travail sur le son d’une ampleur rarement atteinte. Reste à savoir ce qui compte le plus, mais je ne peux que saluer un tel impact.

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